Alger - Revue de Presse

Mahmoud Ahmadinejad à entamé hier sa visite officielle



Les affaires, le nucléaire et une ligne Alger-Téhéran Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, est arrivé hier à Alger pour une visite officielle de deux jours à l?invitation de M. Bouteflika. C?est la première visite de M. Ahmadinejad à Alger et la deuxième d?un chef d?Etat iranien après celle de Mohammad Khatami en 2004. Le président iranien a été accueilli à son arrivée à l?aéroport international Houari Boumediène par le chef de l?Etat. Peu après, les deux présidents ont eu un tête-à-tête à la résidence d?Etat de Zéralda. Ces entretiens seront suivis tout au long de la journée par un ballet d?audiences tour à tour avec Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, et Abdelaziz Ziari, président du Parlement. En fin d?après-midi, M. Ahmadinejad a reçu, à Zéralda toujours, le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem. Bien que rien n?ait encore filtré officiellement sur la teneur de ces entretiens, l?on croit savoir que l?objet premier de la visite de M. Ahmadinejad est de s?assurer le soutien d?Alger dans l?affaire du nucléaire iranien. En second lieu, il est question de réactiver les relations bilatérales et donner du punch à la coopération économique entre les deux pays. La situation en Irak et au Proche-Orient, la question du Sahara occidental et la lutte contre le terrorisme devaient figurer aussi dans l?agenda des discussions, selon des sources diplomatiques, rapportent des agences de presse. Des relations en dents de scie Il est utile de rappeler que les relations algéro-iraniennes n?ont pas toujours été au beau fixe. Au début des années 1990, une crise diplomatique avait envenimé les relations entre les deux pays, Alger ayant accusé Téhéran de soutenir les islamistes algériens radicaux. Il a fallu attendre l?année 2000 et une rencontre informelle entre Bouteflika et Khatami à New York pour que les choses connaissent un début de normalisation. L?amélioration de la situation sécuritaire mettait l?Algérie, il faut le dire, dans de meilleures dispositions. Les relations évolueront à un rythme accéléré et seront scellées par une visite d?Etat de Abdelaziz Bouteflika à Téhéran du 17 au 20 octobre 2003 qui sera suivie, un an plus tard, de celle du président Khatami. 33 accords dans les domaines économique, politique et culturel ont été signés entre Alger et Téhéran lors des sept dernières années, indique l?agence officielle iranienne Irna. « L?Algérie a toujours soutenu l?Iran. Elle a agi en tant que médiateur pendant la guerre imposée par l?Irak à l?Iran, la question des otages américains et le gel des avoirs et capitaux iraniens par Washington », dit Sabah Zanganeh, un expert iranien, spécialiste des relations internationales, dans une déclaration à l?agence Irna, avant de souligner : « L?Iran et l?Algérie sont des membres de l?Opep et peuvent jouer un rôle décisif sur le plan international. » D?ailleurs, une coopération plus accrue dans le domaine énergétique, notamment le gaz, est attendue, avec en prime ? rien n?interdit de le supposer ? des discussions autour de « l?Opep du gaz », projet pour l?instant « utopique » dont l?Iran se veut le promoteur à la suite du Venezuela de Chavez. Sur un autre registre, l?on n?écarte pas une coopération même timide, même embryonnaire, dans le nucléaire. Chakib Khelil aurait « sollicité officiellement l?aide de l?Iran dans ce domaine », rapporte l?AFP, suite à une visite du ministre de l?Energie à Téhéran en novembre 2006. Il est à rappeler, question nucléaire toujours, que le président Bouteflika s?était exprimé ouvertement en faveur d?un nucléaire au service du développement lors de la conférence africaine sur les applications pacifiques de l?énergie atomique abritée récemment par Alger, en présence du directeur général de l?AIEA, Mohamed El Baradei. Il est bon de savoir à ce propos que notre pays possède deux réacteurs nucléaires expérimentaux en activité depuis 1995 et qui sont contrôlés par l?AIEA : l?un est à Draria, l?autre à Aïn Ouessara. Pour revenir à l?historique des relations algéro-iraniennes, un mémorandum d?entente a été signé le 5 janvier 2003 à Téhéran entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays. Depuis, les contacts se sont multipliés sur l?axe Alger-Téhéran. Au cours de la seule année 2006, pas moins de six envoyés spéciaux ont fait le déplacement vers Alger. Parmi eux, Ali Laridjani, secrétaire général du Conseil suprême de la sécurité nationale, et Manoucher Mottaki, ministre des Affaires étrangères. « Ces visites avaient essentiellement pour but d?informer l?Algérie sur les différentes étapes de l?évolution de la crise du nucléaire iranien et de s?assurer du soutien et de la solidarité de l?Algérie », devait expliquer une source diplomatique reprise par l?APS. « Business is business » Petit nuage cependant après qu?Ahmadinejad eut été contraint d?annuler une escale technique qu?il devait effectuer à Alger en janvier dernier. Devant un groupe de journalistes algériens qu?il avait rencontré il y a quelques jours, M. Ahmadinejad imputait cela à un impondérable « technique ». Aujourd?hui, place au pragmatisme. Il faut admettre qu?Ahmadinejad, tout « dogmatique » qu?il puisse paraître, a néanmoins un sens élevé des affaires. Dont acte. Le chef de l?Etat iranien est venu accompagné d?une délégation de businessmen qui ont passé la soirée d?hier à discuter avec leurs « homologues » algériens dans le cadre d?un forum d?affaires à Djenane El Mithaq. « L?Iran est prêt à faire bénéficier l?Algérie de son expérience dans certains domaines, en particulier dans la pétrochimie et l?industrie automobile », a plaidé le remuant président iranien à l?ouverture de cette rencontre. Hamid Temmar devait lui emboîter le pas en rassurant ses hôtes iraniens de la bonne évolution du climat des affaires et de l?investissement en Algérie. Pour l?heure, le niveau des échanges commerciaux entre les deux pays demeure bien modeste avec un volume de 7 millions de dollars seulement et les deux parties ont tout intérêt à les booster. Notons qu?une banque persane, la Banque iranienne de développement des exportations, devrait présenter une demande d?agrément au terme de ces deux jours. L?Iran semble très intéressé en tout cas par le marché algérien, notamment dans les secteurs du logement et de l?automobile. Signalons qu?un protocole d?accord a d?ores et déjà été signé en juin dernier entre la société algérienne de fabrication et de montage de véhicules, Famoval, et le groupe iranien Iran Khodro Industrial Group portant sur la réalisation d?une chaîne de montage de minibus qui devrait être opérationnelle à partir de 2008. Retenons enfin qu?il y a de fortes chances pour que cette visite soit couronnée par un accord sur l?ouverture d?une ligne directe entre Alger et Téhéran.
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