
L'auditorium de l'Institut du monde arabe s'est révélé très vite exigu pour la projection du film de Merzak Allouache programmé en ouverture du Maghreb des films l Après l'Algérie et la Tunisie, c'est le Maroc qui est à l'honneur cette année.ParisDe notre correspondantIl en a gros sur le c'ur, le réalisateur algérien le plus prolifique. Lors de la présentation de son film, Merzak Allouache n'a pas caché sa désillusion. Sur un ton ironique, il pose en filigrane la question lancinante : qui regardera les films 'A la recherche du public désespérément. «Mon dernier film et celui-ci sont passés inaperçus. L'Algérie, c'est le pays du trabendo, on a tourné en trabendistes, avec peu de moyens. Tourner dans la rue à Alger devient impossible. La police a refusé de m'aider, car un crime devait être commis par un policier. Du coup, elle a refusé de me prêter un pistolet pour tourner la scène. J'ai dû improviser et changer le scénario», confie Merzak Allouache. Les terrasses est un kaléidoscope d'une journée ordinaire à Alger, une sorte d'Immeuble Yacoubian, tourné sur des terrasses dans cinq quartiers populaires. Pour Mouloud Mimoun, chargé de programmation, «ce film doit trouver un distributeur et rencontrer le succès qu'il mérite.»Le Maroc à l'honneurLe Maghreb des films donne un coup de projecteur au cinéma algérien indépendant. «Pour la deuxième année consécutive, nous ferons l'état des lieux de ce nouveau cinéma algérien indépendant, apparu depuis quelques années, et se réalisant entièrement hors des canaux traditionnels et des institutions». «Après avoir les deux années précédentes consacré l'essentiel de notre programmation au 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie et à la grande vague documentaire ayant accompagné la révolution tunisienne, nous rendrons compte largement cette année de l'état de la production du Maroc, courts et longs métrages confondus. Le cinéma marocain s'est imposé depuis quelques années comme un cinéma inventif, créatif, soutenu par une bonne production», précise Mouloud Mimoun.L'Algérie organise des festivals, le Maroc rafle les prix. Coup de chapeau à Samia Chala avec son documentaire, coécrit avec Thierry Leclère et Naïma Yahi, pour Les marcheurs, chronique des années beurs. Elle revient sur la Marche pour l'égalité initiée en 1983, pour en tirer le bilan. La réalisatrice est aussi présente avec Madame la France, ma mère et moi. «Un film d'une intelligence et d'une émotion rares, comme une adresse poétique, empreinte de gratitude et d'ironie à la France, celle des droits de l'homme? et accessoirement de la femme». Belle, très belle découverte d'un immense acteur, celui qui incarne le commissaire en retraite anticipé dans Les terrasses, un ancien militant du PAGS qui refuse ce qu'est devenue l'Algérie d'aujourd'hui. D'une rare densité, à la Tommy Lee Jones, il charrie avec lui passé et présent juste par sa présence. A quand un spin off '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rémi Yacine
Source : www.elwatan.com