
Pour la première fois en Algérie, et à l'occasion du 27e anniversaire de la libération de Nelson Mandela, un certain 11 février 1990, l'Aarc a dévoilé, samedi soir au public, le très attendu spectacle Madiba, en hommage à Nelson Mandela.L'Aarc (Agence algérienne pour le rayonnement culturel), en partenariat avec entre autres l'Opéra d'Alger Boualem-Bessaïh et l'Onda (Office national des droits d'auteur et des droits voisins), a présenté avant-hier à Alger le spectacle Madiba, produit, écrit et composé par Jean-Pierre Hadida. Ce musical, réunissant chant, danse, drame, mais aussi de la comédie, revient sur le parcours d'un homme d'exception, qui a su combattre la haine avec son courage, sa détermination et son pacifisme. La troupe, composée de 22 artistes qui auront brillé par leur talent deux heures durant, se présentera au public en interprétant une danse africaine déchaînée et des ch?urs traditionnels zoulous. L'hétérogénéité de la formation, qui regroupe des comédiens et chanteurs noirs et blancs, était l'un des principaux atouts de la représentation. À ce propos, le producteur Hadida nous confiera avoir consacré beaucoup de temps pour le choix de ses comédiens, qui devaient tous posséder certaines caractéristiques : "On avait défini les rôles de chacun, il devait y avoir Sam (Jean-Luc Guizone), le militant, Will (Manu Vince), le jeune amoureux. Quant à l'interprète de Mandela, il devait être assez grand, avec beaucoup de stature, du charisme, qui ressemble à Mandela sans trop lui ressembler non plus."Le premier tableau embarque les spectateurs dans les années 1950, en pleine lutte (pacifiste) contre l'apartheid, lorsque des citoyens victimes de ségrégation se présentent au cabinet de Rolihlahla, jeune avocat de Mvezo (province du Cap), pour qui la lutte antiségrégationniste ne viendra que par le pacifisme. Mais un drame, qui coûtera la vie à un jeune manifestant noir, dont l'auteur, un officier blanc, justifiera en déclarant : "Ce n'est qu'un Noir", radicalisera les positions de l'impétueux Madiba et l'incitera à prendre la branche armée de l'ANC. Les décors sommaires de ses premières scènes et les costumes noirs des comédiens annoncent d'ores et déjà la longue lutte et les heures sombres qui attendent la communauté noire d'Afrique du Sud. Le procès de Mandela est dévoilé dans le tableau suivant, où il déclare : "Je suis un homme noir dans un tribunal de Blancs" après son emprisonnement à Robben Island. Parallèlement à cette scène émouvante, des portraits des plus grands révolutionnaires du 20e siècle, réalisés par Hadida, s'affichent sur l'écran géant de la scène : Che Guevara, Martin Luther King ou encore Mohamed Ali. Ce musical traite, par ailleurs, de la difficile histoire d'amour entre Helena Van Leden (remarquablement incarnée par Juliette Behar), une Afrikaner, et William, jeune militant noir, dont l'amour subira toute la turpitude et l'ignominie des hommes, jusqu'à la séparation. Mais leur union renaîtra lors de la libération de Mandela, une période faste pour l'Afrique du Sud, durant laquelle la "nation arc-en-ciel" verra le jour. Outre l'histoire passionnante et l'impressionnante scénographie du spectacle, porté par des comédiensinvestis dans leurs rôles, l'atout, sans conteste, de ce musical est la partie narrative, excellemment exécutée par Lunki Grio (LUN1K), jeune slammeur et rappeur, à qui l'on doit les textes poignants et pleins de poésie déclamés pendant toute la soirée. Pour rappel, la première représentation, qui a eu lieu au Comedia à Paris en janvier 2016, avait connu un très grand succès, dû notamment au jeu impressionnant des comédiens et à la scénographie qui nous transporte dans cette atmosphère irrespirable que fut l'apartheid. En somme, Madiba nous permet de mieux comprendre le parcours et les revendications de ce grand défenseur de "l'humanisme". Yasmine Azzouz
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yasmine AZZOUZ
Source : www.liberte-algerie.com