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Madiba au paradis des Algériens ordinaires



Madiba au paradis des Algériens ordinaires
Les Algériens avaient l'habitude des «frères» et des «amis» qu'on leur a imposés. Bien sûr, dans le lot des proches choisis loin d'eux, ils ont fini par trouver quelques-uns qui imposaient le respect.Par leur parcours, par leur bilan dans les pays qu'ils ont dirigés ou par la solidarité et l'amitié qu'ils ont sincèrement et régulièrement exprimées à l'égard de l'Algérie.Pour être juste, il n'y a pas vraiment de mystère dans le verdict des Algériens. Les femmes et les hommes qui ont aidé l'Algérie ou ont eu envers elle des gestes amicaux à des moments cruciaux de son histoire ont su garder la sympathie des Algériens qui le leur rendent bien.De manière si spontanée, désintéressée et sincère que ça devient émouvant. N'est-ce pas que d'aucuns ont fini par nous convaincre que ces élans du c'ur nous sont désormais devenus étrangers ' S'il fallait une preuve que l'Algérien a gardé intactes la générosité du c'ur et la spontanéité dans la formulation de ce qui le touche dans le tréfonds de lui-même, la disparition de Nelson Mandela l'a fournie avec beaucoup d'éloquence.Pourtant, s'il fallait lui appliquer les critères et les canaux «traditionnels» de proximité, d'amitié et de fraternité, le leader sud-africain n'aurait sans doute pas soulevé autant de sympathie auprès des Algériens les plus ordinaires. Il est à l'autre bout de l'Afrique.Le nord et le sud. Si ça se trouve, il doit même y avoir de braves compatriotes qui ne savent pas qu'ils partagent aussi un continent avec «Madiba».Les Sud-Africains parlent anglais et nous le français, ils ont de l'or et nous avons du pétrole, ils sont passionnés de rugby et nous sommes des mordus de foot, ils sont à majorité chrétienne et nous sommes tous musulmans d'autorité.En termes «culturels», tout est donc censé éloigner Nelson Mandela des Algériens. Sauf? l'essentiel ! Un parcours de militant exemplaire, un rare sacrifice, une réalisation humaine monumentale, une rectitude morale irréprochable, un désintérêt personnel légendaire et une ouverture sur le monde merveilleuse.Pour les Algériens (aussi), les choses peuvent être aussi simples, finalement. Et ils ont commencé à le faire savoir dès 1990 quand, à la tribune de la coupole du complexe olympique, Abdelhamid Mehri, incarnation d'un FLN hégémonique et ruineux pour le pays, se faisait copieusement huer aux côtés d'un Nelson Mandela dont chaque geste était chaleureusement salué par une foule en délire.C'est ce jour-là qu'on aurait dû saisir toute la différence entre un ami qui s'est fait tout seul, d'avoir vécu et agi avec conviction pour les idées, et un autre qui ne partage avec lui que les? dirigeants du moment !Nelson Mandela est aussi proche des Algériens pour une raison aussi, sinon bien plus simple : il est proche de l'Humanité entière qui a toujours respecté son combat, apprécié ses réalisations et partagé l'essentiel de ses projets. Ils sont très rares les «amis», les «proches» et les «frères» qui ont été élevés à ce rang ! Les Algériens aiment Mandela et ceux qui n'aiment pas Mandela le savent.C'est pour cela qu'ils n'ont pas osé s'attaquer à lui. Certains Algériens aiment tellement Mandela qu'ils n'arrivent pas à imaginer qu'il n'est pas? musulman.Pour lui, ils prennent même des libertés avec leur religion, eux d'habitude si rigoristes ! Au fait, Madiba ira au paradis, ce sont les Algériens qui l'ont décidé. Elle est vraiment forte, l'amitié.Slimane Laouari


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