Alger - A la une

"Ma musique est Berbère et Africaine"



Nabil Baly n'est autre que le fils du regretté musicien Othmane Baly. Rencontre avec cet artiste à Alger, lors d'un concert qu'il a animé à Alger durant le Ramadhan 2014.- Toujours aussi heureux de vous produire en Algérie 'Bien sûr que nous sommes heureux de nous retrouver dans notre pays. Surtout que cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas produits en Algérie. Cela fait exactement trois ans que nous n'avons pas fait de scène chez nous. Ceci étant, c'est toujours une merveille de partager des instants magiques avec le public. Pour moi, c'est une découverte. Il est vrai que nous faisons des tournées à travers le monde, mais le public algérien reste le plus connaisseur. C'est un public chaud, qui est à l'écoute du style tindi. Cela ne peut être qu'encourageant pour nous.- Pourquoi vos albums ne sont pas disponibles sur le marché national 'Il est vrai que j'ai édité quatre albums depuis que j'ai commencé ma carrière. Ces albums ont été édités en France. Le problème, c'est que les producteurs français n'ont pas cette lassitude de pouvoir signer des conventions avec des éditeurs algériens.- Votre musique est un savant mélange entre le traditionnel et le moderne. Concrètement, comment définiriez-vous votre style musical 'Je joue de la musique africaine berbère. C'est un style où on est toujours à la recherche de nouveaux sons, de nouvelles mélodies et d'inspiration du moment. Nous avons une population à Djanet qui ne peut pas se déplacer. C'est pour cela qu'on essaye de ramener dans notre musique entre autres de l'arabo-andalou et du reggae pour faire voyager les gens. C'est un voyage initiatique que nous leur proposons.Nous avons intégré de nouveaux instruments musicaux pour mieux adapter notre musique. Je pense qu'aujourd'hui notre musique est universelle. Ceci étant, il est clair de préciser que les sons modernes que nous incluons dans notre musique se font dans le respect de la tradition touareg. Notre musique repose sur la poésie et la narration. Nous chantons dans notre langue, le tamasheq, un vecteur identitaire très fort au sein de la communauté targuie.- A chacun de vos concerts, vous avez pour habitude de reprendre certains titres exhumés du répertoire de votre regretté père...En fait, il y a toujours des hommages qui sont rendus à mon défunt père, aussi bien sur scène que dans mes albums. Il faut savoir que j'ai deux groupes. Il y a toujours le groupe de mon père où il y a toutes ses cousines et ses percussionnistes. Sauf qu'après on est à l'écoute de l'organisateur qui nous demande soit la version traditionnelle soit la version moderne. Je dirais que le groupe existe et la relève est assurée.- Votre appréciation sur l'éclosion de cette fournée de jeunes talents en Algérie...Je trouve que l'Algérie part sur une approche nouvelle qui est assez riche. Les jeunes sont dans la recherche. Et c'est beau de tomber sur de tels jeunes. Cela nous donne confiance et nous réconforte. Comme quoi, l'Algérie a des jeunes qui ne demandent qu'à évoluer.- Le répertoire du patrimoine tindi est quelque peu en voie de disparition...Aborder ce sujet deviendrait un sujet d'Etat. La chose que j'aimerais bien dire est la suivante : il faut que l'Etat aille dans le désert pour voir la multiplicité des talent qui y existent. Ce sont des jeunes qui ne demandent qu'à être découverts et encadrés. Pour la petite histoire, sije casse une corde de ma guitare, je suis obligé de me déplacer jusqu'à Alger pour changer les fils. C'est triste. Surtout que le tindi est l'une des richesses majeures de l'Algérie. C'est bien dommage. Il faut une sérieuse sensibilisation pour faire bouger les choses.- Des projets 'Nous avons commencé une tournée en février dernier en France et en Italie. Et là, on retourne en France pour finir les derniersconcerts ; on se produira à Londres en septembre prochain. Par ailleurs, je compte sortir prochainement un nouvel album. Un nouveau répertoire sera à l'honneur. De même que nous travaillerons avec des artistes connus. J'ai travaillé entre autres avec le trompettiste Ibrahim Malouf ? fils de l'écrivain Amin Malouf ? et de Steve Chihane. Avec ce dernier, j'ai encore un autre projet. Je demeure convaincu que notre projet aboutira sur quelque chose de bien.


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