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M. Maamar BOUCHEKKIF, président de l'association algérienne de promotion et de protection du consommateur à Liberté Commercialisation de produits dangereux



M. Maamar BOUCHEKKIF, président de l'association algérienne de promotion et de protection du consommateur à Liberté Commercialisation de produits dangereux
Liberté : Peut-on parler d'un modèle de consommation algérien '
Maamar Bouchekkif : Tous les constats indiquent qu'on est encore loin d'évoquer ce plaisir de disposer d'un modèle de consommation propre à nous, répondant aux normes de qualité et de quantité. C'est le contraire, malheureusement, qui prévaut à notre insu. La vérité est que l'Algérien moyen ne consomme pas selon les besoins nutritionnels pour alimenter son corps en protéines, glucides, lipides et vitamines.
Vous laissez penser que la situation est grave pour notre équilibre et notre santé.
Effectivement, le système alimentaire national, qui apparaît comme privilégié par rapport à beaucoup de pays du point de vue pouvoir d'achat, est gangréné par des distorsions et des déséquilibres se traduisant par la domination de la malnutrition et donc de la mal-vie. L'on continue à consommer dans le désordre et en deçà des besoins nutritifs.
Comment expliquez-vous cette situation '
D'abord il y a absence de culture de la consommation sur une base nutritionnelle qui tienne compte de l'évolution de l'industrie alimentaire et des conditions de production, notamment dans l'agroalimentaire. L'on se rabat de façon générale sur les produits bon marché, et c'est là que l'on rencontre le plus de problèmes. C'est-à-dire qu'on achète souvent le mal avec notre propre argent.
Qu'est qui se cache derrière ce phénomène '
Tout simplement il y a tous les indésirables. Non seulement il y a absence de qualité, mais les produits commercialisés comportent des risques de maladies bactériennes et chimiques qu'il est difficile de détecter. Il y a des effets qui apparaissent immédiatement comme la propagation lors des intoxications, il y a ceux qui sont encore plus pernicieux en étant derrière la naissance de fléaux dangereux comme le cancer, le diabète et d'autres maladies liées à la gastronomie, dont le colon est le moindre comparé aux maladies du c'ur et d'autres.
Pour vous dire, le cancer, le diabète et le stress ont pris un développement inquiétant et pèsent lourdement sur les bourses ménagères et le Trésor public en matière de traitement, médicaments et charges. Ne parlons pas de ce qu'ils induisent comme manque à gagner à l'économie nationale. À titre indicatif, il y a officiellement plus de trois millions de diabétiques en Algérie, maladie incurable pour le moment et qui demande des soins en permanence et un contrôle des plus rigoureux.
Maintenant, allons au c'ur du problème et parlons normes et qualité : comment évaluez-vous la situation '
En tant que président de l'Association de la défense des consommateurs, la seule au plan national, qui veille sur la santé du consommateur algérien, notre souci est d'attirer l'attention du citoyen d'abord, le premier concerné, les producteurs et les vendeurs ensuite en tant qu'intervenants directement dans le processus et enfin les autorités, sur les dangers qui guettent le consommateur. Pour cela, la surveillance des produits que nous consommons demeure une priorité. Le moins que l'on puisse dire est que la situation présente des dangers certains, tant pour ce qui est produit localement que pour, encore plus grave, les produits importés.
Qu'en est-il des produits locaux '
Certes, les produits locaux comportent moins de risque que les produits importés. Mais ils demeurent exposés à beaucoup de risques eux aussi, notamment d'ordre chimique et de maladies bactériennes.
Cela est due au traitement phytosanitaire, du fait que nos agriculteurs, par négligence ou par manque de formation et de sensibilisation, ne respectent pas les normes et les règles d'utilisation des pesticides, souvent importées.
S. B.
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