Dans le but de lutter contre le phénomène de la fraude et du blanchiment
d'argent, les douanes et les banques seront désormais reliées par un système de
contrôle qui prendra effet dès juin prochain. Le protocole d'accord signé hier
à Alger entre la Direction générale des douanes (DGD) représenté par son DG,
Mohamed Abdou Bouderbala, et la Banque d'Algérie, à travers le DG des changes
auprès de la B.A, Mohand Ouali Brahiti, portera notamment sur la mise en place
d'un système d'information devant permettre une meilleure gestion et un
apurement des opérations du commerce extérieur ainsi qu'un échange
d'informations en temps réel entre les deux institutions. Cette démarche vise
au premier plan la corruption des agents administratifs comme l'a souligné le
DG des douanes dans son intervention. Il évoquera cet aspect en déclarant que
cette solution informatique devrait mettre fin au phénomène de documents
scannés et des faux documents qui sont produits au niveau de banques ou de
services douaniers par des agents indélicats. Le souci premier des deux
institutions est de mettre un frein aux fausses domiciliations au niveau des
banques qui donnent lieu à des opérations d'importations fictives et dont le
montant en devises est transféré par les banques vers l'étranger mais sans
contrepartie en marchandises.
De son côté, le secrétaire
général de l'Association des banques et établissements financiers (Abef),
Abderrahmane Benkhalfa, qui a assisté à la signature du protocole, a expliqué
que ce système allait donner au pays une plate forme de données devant
permettre à tout moment de connaître les transferts effectués mais qui n'ont
pas donné lieu à un mouvement réel de biens et de services, ce qui fait de lui,
ajoutera t-il, un instrument de contrôle et de maîtrise des flux plus que celui
d'échange d'informations.
La lutte contre le blanchiment
d'argent est devenue une priorité nationale depuis qu'il est devenu un des
principaux pourvoyeurs des maquis terroristes. Avril 2007, le conseiller du
mouvement financier pour le blanchiment d'argent GAFI, Jean-pierre Michau, a
adressé plusieurs lettres aux banques en Algérie, insistant sur les risques que
représente le blanchiment d'argent sur le système financier tout en indiquant
que 80 % des opérations de blanchiment d'argent passent par les crédits
documentaires relatifs à l'import-export, comme il a mis en garde contre le
recours au secteur foncier pour le détournement d'argent.
L'ex-représentant de la Banque de
France et membre de l'instance internationale chargée du suivi du blanchiment
d'argent avait présenté, lors d'une rencontre avec le gouverneur de la Banque
d'Algérie et les PDG des banques activant en Algérie, un exposé complet sur
l'expansion du phénomène du blanchiment d'argent, indiquant que le volume des
opérations de blanchiment de par le monde, dépasse 600 milliards de dollars, ce
qui représente entre 1,2 et 4 % du produit intérieur brut mondial.
Rappelons que le réseau bancaire
algérien compte 1.300 points bancaires délégués par la Banque d'Algérie à
effectuer des opérations de commerce extérieur. Les Douanes ont déjà signé des
accords similaires avec la Direction générale des impôts (DGI).
Un protocole d'accord sur une
meilleure coordination de leurs actions anti-fraudes, notamment par le
renforcement de leur système d'échange d'informations sur les opérations
d'importation et d'exportation de biens et services.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com