Dans une entrevue avec le journal arabophone londonien «El Hayet», Djanet
Sanderson, chargée des Affaires du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, au
département d'Etat américain, a déclaré que «il semble que les Algériens, à
travers leurs efforts et les sacrifices douloureux qu'ils ont consentis et les
difficultés qu'ils ont rencontrées ont fini par accomplir un travail réussi
dans la lutte contre le terrorisme». La diplomate américaine, ancienne
ambassadrice de son pays à Alger, a évoqué l'expérience algérienne dans le
cadre d'une comparaison entre Al Qaïda dans les pays du Maghreb et du Sahel et
celle dans les pays du Golfe arabique. Pour elle, la dernière reçoit ses
directives et ses orientations directement des chefs de cette nébuleuse terroriste
supposés installés au Pakistan. Quant à «la filiale» maghrébine, elle
entretient peu de relations directes avec Al Qaïda malgré sa revendication de
cette filiation. Ce constat permet à Mme Sanderson, qui se trouvait à Londres
pour discuter avec ses homologues britanniques de la situation au Yémen,
d'avancer que son pays ne voit pas d'un mauvais Å“il le refus de l'Algérie, et
dans son sillage des autres pays du Sahel, de toute ingérence étrangère dans la
lutte antiterroriste dans cette partie du monde. Notons à cet égard que
l'Algérie a toujours manifesté son opposition à la participation des forces
américaines et françaises dans la lutte contre le terrorisme et le grand
banditisme sur son flanc sud et dans les pays voisins du Sahel. Mieux encore, il
y a à peine quelques semaines et suite à une réunion des états majors des
armées des pays du Sahel à Alger, le Mali et le Niger ont permis aux forces de
l'ANP de poursuivre les bandes se réclamant d'Al Qaïda du pays du Maghreb et du
Sahel sur leurs propres territoires.
Selon un spécialiste invité par
la chaîne qatarie «Al Djazira» l'armée algérienne envisage de déployer jusqu'à
75.000 hommes d'ici 1012 pour sécuriser toute la région où évoluent les groupes
terroristes en question. Même si dans son entretien, Mme Anderson ne s'est pas
trop étalée sur la revendication algérienne de criminaliser la paye des rançons
à ces bandes et de promulguer une loi par les Nations unies dans ce sens, elle
a pourtant reconnu que les principales sources de financement des groupes
terroristes au niveau du Maghreb et du Sahel sont le paiement de rançons contre
la libération d'otages. La diplomate américaine a qualifié le paiement de
rançon à ceux qui enlèvent les ressortissants étrangers «de préoccupant» Tout
en renouvelant la disposition de son pays à apporter son soutien à l'Algérie et
aux autres pays du Sahel dans leur lutte contre le terrorisme, la diplomate
américaine a insisté sur la volonté de ces pays, et en premier lieu l'Algérie,
de vouloir mener cette lutte avec leurs propres forces. Alger et Washington ne
sont pas d'accord sur le nombre de terroristes activant dans cette partie de
l'Afrique du Nord. Selon un expert, les Américains les estiment à une centaine
au moment où les Algériens avancent le triple. Mme Sanderson considère qu' Al
Qaïda dans les pays du Maghreb et du Sahel se résume à des «groupes travaillant
en free lance». Et d'ajouter «je pense qu'il est difficile pour nous de définir
avec exactitude ce qu'est Al Qaïda dans les pays du Maghreb, parce qu'il y a un
écart entre les slogans et les faits». Dans le même entretien, Mme Sanderson a
souligné que le département d'Etat suit avec attention l'expérience libyenne
avec les extrémistes. Mais, avoue-t-elle «nous ne disposons pas de beaucoup
d'éléments d'appréciation». Concernant les relations maghrébines, la diplomate
américaine a confirmé la volonté de son pays de réactiver l'initiative dite
Eizenstat, initiée aux débuts des années 90, consistant à traiter avec
l'ensemble maghrébin. Autrement dit, son pays considère le Maghreb en tant
qu'ensemble économique et donc en tant que grand marché. Le séjour actuel à
Alger de Pradeep Ramamurthy, directeur de l'engagement mondial à la Maison
Blanche, confirme cette nouvelle orientation américaine concernant le Maghreb.
Pour cela, les Américains, et les propos de Mme Sanderson le confirment,
souhaitent un règlement de la question du Sahara Occidental. Mais apparemment
le département d'Etat n'a pas de nouvelles idées en mesure de faire avancer ce
dossier. Mme Sanderson s'est contentée d'avancer «nous soutenons les efforts de
l'envoyé spécial des Nations unies Christopher Ross, chargé du dossier du
Sahara Occidental». Elle ajoute «nous continuons le dialogue avec nos amis
marocains et algériens et nous souhaitons l'intervention d'autres parties pour
faire évoluer ce dossier» Et de conclure «cette question a entravé le
développement de toute la région».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ziad Salah
Source : www.lequotidien-oran.com