Alger

LOUISA HANOUNE RÉPOND AU PREMIER MINISTRE



LOUISA HANOUNE RÉPOND AU PREMIER MINISTRE
Pour la secrétaire générale du Parti des travailleurs, le mot «rigueur» dont a usé le Premier ministre dans sa sortie médiatique de mercredi soir dernier, n'est qu'un «euphémisme» qui voile mal une austérité qui est pourtant bien là , appelée à être plus pesante l'année 2017 qui démarre demain dimanche.Mohamed Kebci - Alger (Le Soir) - Pour Louisa Hanoune qui animait, avant-hier jeudi, une conférence de presse, ces déclarations d'Abdelmalek Sellal qu'elle a de tout temps pris le soin de ménager jusqu'ici, «ne peuvent nourrir des ventres creux». «Certes le Premier ministre est venu pour rassurer. On aurait souhaité l'être. On aurait souhaité qu'il vienne avec des décisions et des dispositions concrètes», mais regrette la patronne du PT, ce n'est pas le cas puisque «nous ne sommes pas rassurés et nous ne sommas pas les seuls !». Car la réalité du pays, il n'y a pas que l'opposition ou les opinions défaitistes qui en alertent puisque, expliquera-t-elle, «les institutions savent que la situation est critique mais les déclarations ne nourrissent pas les ventres creux ! Je comprends que le Premier ministre soit inquiet parce qu'il sait que la situation est très précaire mais il ne peut rassurer avec des déclarations».Et en parlant de rigueur pour la substituer à la crise, Hanoune montrera à Sellal la meilleure matérialisation sur le terrain en récupérant la masse astronomique d'impôts non recouvrés, quitte, selon elle, à recourir aux «gros moyens», ou encore le remboursement des crédits «prétendument d'investissements estimés à 9 100 milliards de dinars en 2016 et appelés à atteindre les 11 400 milliards de dinars en 2017, qui ne profitent qu'à une minorité oligarchique qui constitue une menace sur la nature même de notre Etat.».Et de s'interroger sur l'utilité du maintien de certaines des institutions du fait d'une politique d'austérité «meurtrière» qui sera de mise jusqu'en 2019. «Pourquoi tient-on des conseils de ministres ' Pourquoi le Parlement existe ' Et pourquoi on organise des élections législatives si on garde la même Loi de finances durant trois ans?'», s'interrogera Hanoune pour qui le gouvernement va directement se délaisser de ses missions sociales via l'abandon des transferts sociaux qui diminueront en 2017 de pas moins de 2 000 milliards de dinars. «Au cours de ces trois prochaines années, le gouvernement supprimera progressivement le soutien aux produits essentiels. Même si on poursuit la construction de logements, ces derniers coûteront plus chers», dira-t-elle avant de tourner en dérision le concept d'investissement dans le continent qu'évoque le gouvernement comme panacée à la grave crise économique du pays. «Qu'on arrête de se moquer des Algériens, de leur intelligence. A croire que nous sommes une force impérialiste qui va conquérir le marché africain», dira-t-elle non sans voir dans cette démarche «une nouvelle manière de faire sortir des devises à l'étranger !».Sur un chapitre purement organique, la secrétaire générale du PR fera part de la tenue d'une session ordinaire du comité central du parti, vers la mi-janvier prochain. Une session lors de laquelle la position du parti à l'égard des échéances électorales (législatives et locales) sera arrêtée. Ceci même si la participation ne fait pas l'ombre d'un doute, le PT s'étant presque de tout temps, mis dans la dynamique électorale au vu, selon sa direction, de la «vanité» et de «l'inefficacité de l'option du boycot».
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