Il faut fabriquer des exemples ! Il faut épouvanter et terroriser ceux qui seront tentés de s'opposer au pouvoir. Voilà la phrase sempiternelle enseignée à tous les tortionnaires dans toutes les dictatures du monde qui mènent une guerre multiforme contre leurs peuples. Le pouvoir algérien en serait un triste exemple.WALID A OUVERT UN CHANGEMENT HISTORIQUE CONCERNANT LA TORTURE EN ALGERIE
Les révélations courageuses du jeune étudiant Nekiche Walid ont provoqué une vague de colère et d'indignation dépassant les frontières du pays. Les tortures subies par ce jeune enfant du peuple viennent rappeler que la torture est une pratique inhérente au système despotique en place depuis 1962.L'écho médiatique international suscité par les révélations du jeune Walid a semé la panique dans les cercles du pouvoir. Mis sous pression, le pouvoir a décidé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur cette grave « affaire ». Le pouvoir fidèle à lui-même, entend de toute évidence étouffer l'affaire. Il aurait toutefois tort de croire que le peuple algérien va se laisser duper par cette lamentable machination. Nous nous attendons forcément à une autre enquête-étouffoir à l'exemple de toutes celles auxquelles nous a habitué le pouvoir depuis toujours. En d'autres termes : une enquête bâclée, à huis-clos qui ne respecte aucunement les standards internationaux. Les commanditaires, les juges, les chefs du DRS vont se protéger les uns les autres, au mieux, ils vont se résigner à sacrifier quelques subalternes.
LES TORTIONNAIRES PAIENT TOUJOURS : L'EXEMPLE DE MARIO SANDOVAL
Soupçonné d'avoir participé à des centaines de faits de tortures et de séquestrations pendant la dictature militaire en Argentine, Mario Sandoval a été extradé à Buenos Aires, le 15 décembre 2019.Mario Sandoval, surnommé « churrasco » pour désigner le steak, était un membre de la police politique de la dictature argentine (1976-1983). Pour sa demande d'extradition, la justice argentine s'est appuyée sur le dossier de Herman Abriata, jeune étudiant en architecture à l'époque des faits qui remontent à...1976.Herman Abriata a été arrêté le soir du 30 octobre 1976, il fut détenu au centre ESMA et torturé par les tortionnaires de Mario Sandoval jusqu'à la mort sans que son corps ne fut jamais retrouvé.
Arrivé en France en 1985, Sandoval « El churrasco » avait reconstruit discrètement sa vie. Son niveau de formation universitaire, lui a permis de devenir consultant dans les questions de défense et de sécurité et donner des cours à l'Institut des Hautes études de l'Amérique Latine (IHEAL) à Paris et à l'Université de Marne La Vallée. Il avait réussi à cacher son passé de tortionnaire jusqu'au jour où un vieux militant argentin le reconnaisse sur une photo.
Alertée, la justice argentine, libérée de l'emprise de la dictature après une sérieuse enquête demande officiellement à la France son extradition. Sandoval a utilisé tous les recours possibles pour retarder son extradition, il a tour à tour invoqué la prescription, l'homonymie (« c'est quelqu'un d'autre qui a le même nom que moi »). Finalement et après huit années de procédures, le juge Sergio Torres a pu obtenir son extradition afin qu'il soit jugé à Buenos Aires au grand soulagement de sa famille, de ses proches et des centaines de victimes encore en vie.Notons enfin, que cette affaire a fixé définitivement une jurisprudence en la matière.
L'ESMA : UN CENTRE DE TORTURE DEVENU MUSEE DE LA MEMOIRE
De 1976 à 1983 une junte militaire a régné sur l'Argentine suite à un coup d'état orchestré par une « camarilla » de généraux à la tête de laquelle on trouve le sinistre chef d'état-major Jorge Videla et le général Reynaldo Bignone. Durant son règne, la junte militaire a ouvert des dizaines de centres clandestins de tortures, le plus sinistrement célèbre est connu sous le nom (acronyme) l'ESMA.
L'ESMA est un des lieux de mémoire et d'atrocités les plus importants de la dictature militaire argentine. Il a d'abord été l'Ecole supérieure de mécanique de la marine avant de devenir un centre névralgique de la répression. Dans ce centre, des milliers d'opposants à la dictature ont « disparu » ou subi les formes de torture les plus barbares et les plus immondes. Pendant des années, des associations et des militants de défense des droits de l'homme se mobilisèrent pour demander la transformation de cette « usine de la mort » en un musée dédié à la mémoire des victimes de la répression.En 2004, sous la pression de grandes mobilisations populaires, le Président argentin Kirchner prend la décision de faire de ce centre des atrocités un musée de la mémoire et la promotion des droits de l'homme.
Dans une Algérie libérée de la dictature et de la police politique, le sinistre centre « ANTAR » deviendra un musée de la mémoire et la promotion des droits de l'homme en hommage aux milliers de victimes de la torture depuis 1962.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abbes Hamadene
Source : www.lequotidienalgerie.org