ALGER - Des membres du Conseil de la Nation ont critiqué mercredi après-midi le projet de loi organique relative à l'information jugeant qu'il est loin de répondre aux préoccupations des journalistes, au moment où certains l'ont salué.
Lors d'un débat autour du texte sur l'information présenté par le ministre de la Communication, Nacer Mehal, les élus ont relevé, entre autres, les problèmes de la formation du journaliste, de son accès à l'information, de sa pénalisation et de l'ouverture du champ audiovisuel.
L'élu du FLN, Abdelkader Kassi, n'est pas parti par quatre chemins pour dire que ce projet de loi "va être enterré prochainement", déclarant que la réalisation des réformes du président de la République ne sera pas pour demain. Pour lui, ledit projet de loi est un "mort-né" vu qu'il a, a-t-il expliqué, pris "un mauvais tournant qui ne répond pas aux attentes de la famille de l'information et du peuple".
M. Kassi a estimé qu'il aurait fallu discuter avant l'élaboration de ce projet de loi avec les spécialistes en la matière, se disant choqué d'avoir trouvé "31 mots relatifs à il faut, 47 à soumis, 15 à punis et 21 à prend la responsabilité".
Dans le même sens d'idées, l'élu du FLN aurait souhaité que ce projet de loi parle de "création de chaînes publiques qui défient les chaînes islamistes de l'outre-mer, nous sommes allés à interdire l'innovation".
Zahia Benarous, membre du tiers présidentiel a estimé, pour sa part, que le texte en question ne répond pas aux attentes et aux espérances de la famille de l'information malgré qu'il ait apporté avec lui, a-t-elle souligné, quelques libertés. Elle a, dans ce contexte, indiqué que les prétextes imputés au monde de l'audiovisuel concernant le professionnalisme ne sont pas "palpables". "Comment peut-on fuir derrière l'absence de professionnalisme, alors que nos journalistes, une fois recrutés dans des chaînes étrangères le deviennent. Pourquoi le journaliste est marginalisé", s'est-elle interrogée.
"Nous devons briser cette barrière virtuelle", a-t-elle clamé, appelant à relancer le Haut Conseil de l'Information, la suppression du ministère de la Communication et faire confiance aux compétences algériennes. Lui emboîtant le pas, M. Mostefa Boudina du tiers présidentiel, a indiqué que l'article 40 relatif à l'accès du journaliste à la source d'information ne sera pas appliqué sur le terrain.
Plus explicite, il a déclaré que ce "droit d'accès à l'information doit se traduire dans la pratique par une obligation morale des responsables de recevoir régulièrement les journalistes et de ne pas pratiquer de rétention de l'information". Pour lui, actuellement cet accès se pratique dans la confusion au détriment des institutions tel le Conseil de la nation, où les journalistes, a-t-il expliqué, " s'empressent d'arracher des ministres, à la fin des plénières, des informations qui les intéressent au lieu de travailler avec les élus de la nation".
"Je suis pour la liberté de la presse à cent pour cent surtout lorsqu'elle s'inscrit dans la ligne de l'intérêt supérieur de la Patrie, de la souveraineté du pays et de notre peuple", a ajouté M. Boudina. Dans le même cadre, il a appelé à assurer la protection du journaliste dans l'exercice de ses fonctions.
"Il ne doit pas être condamné par la justice même s'il a commis une faute grave ou une diffamation", a-t-il insisté, estimant que c'est le journal qui doit être poursuivi et condamné s'il le faut. Concernant le licenciement des journalistes, l'élu de la nation a souligné que ces derniers sont comme des syndicalistes. "Il faut que la loi interdise leur licenciement pour cause d'exercice de leur fonction", a-t-il noté.
Tout en avouant l'existence de beaucoup de points positifs dans le projet de loi relative à l'information, M. Ben Salem a néanmoins, a exprimé de son côté son souhait de créer une chaîne de télévision qui peut affronter d'autres chaînes internationales. Il a par ailleurs appelé à faciliter l'accès du journaliste au logement, la révision de sa grille de salaire et l'encourager dans la formation et dans l'innovation.
D'autres membres de la chambre haute du parlement n'ont pas manqué de saluer le projet de loi, qui selon eux, répond aux doléances de la famille de l'information, tout en appelant toutefois, à l'enrichir mettant l'accent sur l'accès du journaliste aux sources de l'information et lui ouvrir toutes les portes nécessaires pour une bonne formation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz