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LOI CRIMINALISANT LE COLONIALISME «Dépassée», estime Rédha Malek



Le projet de loi criminalisant le colonialisme français qui n'a jamais vu le jour en dépit d'une initiative dans ce sens par un député du FLN, appuyée par plus d'une centaine de ses collègues de l'APN ne trouve pas grâce aux yeux de l'ancien chef du gouvernement et, néanmoins, un des acteurs des négociations avec l'administration coloniale ayant abouti aux fameux Accords d'Evian.
M. Kebci Alger (Le Soir)- Rédha Malek qui animait, ce samedi après-midi, une conférence au Palais de la culture Moufdi- Zakaria de Kouba, à Alger, à l'initiative de la Fondation Slimane-Amirat autour de ces longs et laborieux pourparlers jalonnés du cessez-le-feu du 19 mars 1962, mettant ainsi fin à une colonisation de près de 132 ans, a estimé que cette démarche est «dépassée». Pour le conférencier, tout est dans les Accords d'Evian qui ont consacré la victoire du peuple algérien sur la France, affirmant qu'il aurait été mieux indiqué de riposter à la loi française glorifiant le colonialisme par une autre condamnant le «génocide», c'en est un, commis par la soldatesque coloniale française sur le peuple algérien. Rédha Malek dira qu'il est plus que jamais temps que dans les deux camps, de ne pas trop s'appesantir sur ce passé, à défaut, dira-t-il, «d'ombrager la coopération bilatérale». Lors de son exposé où il a fait un succinct rappel des péripéties et autres haltes phares de ce processus de négociations, l'ancien diplomate évoquera la ruse du défunt président tunisien Bourguiba qui est allé jusqu'à se déplacer à Paris pour s'entretenir avec de Gaulle dans la perspective de bénéficier d'une partie de la mer intérieure, en contrepartie d'une base militaire en territoire tunisien. Ce qui aurait permis au petit pays voisin de bénéficier d'une ouverture sur les pays subsahariens. Mais c'était compter sans l'intransigeance de la délégation algérienne à ces négociations qui a fait du triptyque intégrité du territoire national, unité du peuple algérien et indépendance, un champ non négociable. Et la riposte française a été loin de ce qu'attendait Bourguiba puisque pas moins de 900 Tunisiens périrent dans une féroce attaque aérienne. Aussi, Rédha Malek ne rendrat- il pas un hommage appuyé à feu Jean Amrouche auquel la révolution de Novembre a permis, dira-til, de «retrouver ses racines». Ceci non sans relever que le fils d'Ighil Ali a été parmi ceux qui ont été chargés par Abane de contacts d'avec l'administration coloniale, et qu'en sa qualité de journaliste de talent, il a eu à suivre de près les péripéties des négociations. Cette prise de conscience se vérifiera encore davantage dans les écrits du défunt écrivain et animateur de radio, dans, notamment Témoignages chrétiens où «il défendait clairement la cause de son peuple», témoignera Malek pour qui ces Accords d'Evian de par le fameux triptyque qui l'a conduit sont d'actualité. Et à l'ancien chef du gouvernement d'expliciter sa pensée en se référant à la mondialisation qui est en train, dira-t-il, de remettre en cause aussi bien la notion de territorialité au nom de la caducité de l'autre notion des frontières, que celle des peuples et pour boucler la boucle, même celle de la souveraineté des Etats au nom d'une ingérence à multiples faces.
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