Alger - A la une

Livrés à eux-mêmes



Hasard - Les premiers que nous rencontrons, avant même de fouler le territoire de Hammam Melouane, ce sont deux élus locaux.«Nous ne nous attendions nullement à ce que des journalistes fassent le déplacement d'Alger pour s'enquérir de notre réalité amère», s'est exclamé d'emblée Omar Bourouba membre élu de l'APC de Hammam Melouane. Ce dernier nous accompagne directement au domicile de Khalti Hadjila. La route menant en haut de la localité et aux habitations est presque impraticable. Dans cette localité située à l'entrée de la commune de Hammam Melouane, la secousse a causé d'énormes dégâts. Des plafonds et des pièces entières se sont complètement effondrés. A l'intérieur, les maisons sont toujours sens dessus dessous. Beaucoup d'habitations risquent de s'effondrer d'un instant à un autre au cas où une puissante réplique interviendrait. Ici, le choc du tremblement de terre a cédé la place à la peur de se retrouver sans abri. En compagnie de sa fille, blessée elle aussi, Khalti Hadjila, la soixantaine, ne sait plus que dire. L'incompréhension mêlée à la colère se lisait sur son visage. «Il n'est nullement question de prendre encore le risque et de retourner passer nos nuits sous un plafond qui risque de s'écrouler à tout moment. Nous exigeons une solution urgente et définitive de nos responsables, qu'ils soient élus de l'APC, de la daïra ou de la wilaya. Je ne suis pas étrangère à la localité. Tout le monde connaît notre famille pour affirmer que nous sommes victimes des hordes islamistes», a-t-elle affirmé, rappelant que son défunt époux a été assassiné par les terroristes islamistes dans cette maison qu'elle veut quitter à tout prix. «Je n'ai que de mauvais souvenirs dans cette maison. D'abord, mon époux a été tué ici. puis ce sont mes deux fils qui ont été blessés à la suite d'une attaque au RPG-7. Le séisme de Boumerdès a causé des dégâts considérables à notre bâtisse que nous nous sommes efforcés de réparer avec nos propres moyens et voilà qu'elle subit de nouveau des dégâts», a ajouté Khalti Hadjila, comme elle se fait appeler par les habitants du village dont la majorité des habitations a subi d'énormes dégâts ; les fissures sont visibles à l''il nu. «Vingt-quatre heures après, aucun responsable - hormis les agents du Centre technique de la construction (CTC) - n'a daigné venir nous voir. Notre P/APC préoccupé par autre chose, n'a pas jugé utile de venir au chevet des gens qui pourtant l'ont propulsé à ce poste», a encore lancé Khalti Hadjila non sans amertume avant d'être interrompue par l'une de ses filles. «Tout comme en période du terrorisme, les habitants de ce village ainsi que ceux de la commune ont appris à se défendre et ne jamais compter sur les responsables locaux qui ne se souviennent de nous qu'à l'approche des élections», a-t-elle soutenu assurant que sa famille est prête à céder cette maison au profit d'une association en contrepartie d'une autre maison située ailleurs.
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