Histoire - De la conversion des musulmans au christianisme est l'intitulé du livre paru aux éditions Necib.
Ce livre est un témoignage d'un officier (français) de l'armée d'Afrique écrit en 1846. Il décrit comment l'entreprise de colonisation menée en Algérie par la France, qui a essayé de faire renoncer les Algériens à l'islam et de les convertir au christianisme. L'objectif de ce projet consistait à fournir au système colonial «d'excellents auxiliaires», c'est-à-dire que la conversion d'Algériens assurerait la domination, donc la présence de la France en Algérie et fera de celle-ci, en conséquence, un territoire français à part entière. Plus d'Algériens convertis, moins d'ennemis à l'encontre de la France.
Mais l'Histoire a démontré que le projet de la France était une simple lubie, une entreprise vaine, des efforts perdus d'avance. Si la France a échoué dans son entreprise, c'est parce qu'elle ignorait tout de la société algérienne, de son histoire et de l'enracinement de l'islam au Maghreb, donc de l'attachement viscéral et inébranlable des Algériens à leur religion. De la conversion des musulmans au christianisme est un texte inédit. S'exprimant sur ce manuscrit, l'éditeur, Nourredine Necib,
dira : «Je l'ai découvert par hasard chez un ami, Larabi El Hachemi (il a préfacé d'ailleurs le livre). Je l'ai découvert dans sa bibliothèque qui est riche. Il y était depuis 60 ans.» A la question de connaître la raison qui l'a motivé à le publier, il répondra : «C'est simple. Quand on tombe sur un manuscrit pareil dont le contenu témoigne de la résistance de nos ancêtres, il est tout à fait logique de le rendre public.» En effet, le peuple algérien a tenu tête à la politique d'évangélisation. «La politique d'évangélisation a échoué, pourtant menée durant des années, et ce, malgré tout ce que le système a proposé aux Algériens, en les soudoyant avec de l'argent et des biens fonciers, juste pour les convaincre d'embrasser le christianisme, en vain», dit-il. A la question de savoir si ce texte est d'actualité, l'éditeur explique : «Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais je sais une chose, c'est que ce genre de manuscrit est aussi la mémoire des Algériens. Dans ce livre, les lecteurs vont découvrir qu'en 1846, malgré la pauvreté et la précarité dans lesquelles ils vivaient, nos ancêtres avaient de la personnalité et véhiculaient des valeurs morales.» Ainsi, le livre se révèle une source historique pour restituer notre mémoire, d'où la question : faut-il publier d'anciens manuscrits ou d'autres types d'archives afin d'éclairer notre histoire ' A cela, il répond : «Tout à fait. Je considère que rendre publique ce genre de manuscrit est un devoir envers ce peuple et son histoire. C'est un devoir de mémoire.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com