Aucune réponse officielle n'est encore venue clarifier la position des uns et des autres à Alger et à Tunis, où les autorités gardent un intrigant silence sur ce dossier explosif.La présumée exclusion de l'Algérie et de la Tunisie de la "Conférence de Berlin sur la Libye", dont la date n'est toujours pas fixée, continue d'alimenter la polémique et les interrogations des médias et des observateurs de la scène libyenne. En tant que pays voisins, directement concernés et activement impliqués dans la recherche d'une solution politique pour une sortie de crise en Libye, leur absence à l'initiative allemande ne pouvait pas passer inaperçue, surtout qu'un pays comme les Emirats arabes unis est cité comme un des invités de Berlin aux côtés de l'Egypte, deux pays dont le soutien au controversé général Khalifa Haftar (pro-solution militaire) est dénoncé sans être sanctionné au niveau régional et international.
Au moment où les spéculations sur le choix des invités alimentent la polémique, aucune réaction officielle n'a été enregistrée jusque-là au niveau du ministère des Affaires étrangères à Alger, où il est quasiment impossible de trouver un interlocuteur pouvant fournir une réponse convaincante sur ce qui se passe actuellement. Mais des sources diplomatiques affirment, sous le couvert de l'anonymat, que chaque partie essaie d'agir selon son agenda en Libye.
Une autre source au MAE affirme que la gestion du dossier libyen se fait au plus haut niveau du ministère et de l'Etat, ce qui n'est pas pour faciliter l'accès à l'information. Autrement dit, la multiplication des initiatives est le reflet de toutes ces ingérences directes ou indirectes dans la crise en Libye. Contactée à ce propos, l'ambassade d'Allemagne en Algérie a expliqué qu'"il s'agit actuellement d'explorer des positions et des solutions possibles" après l'échec des initiatives menées par les EAU à deux reprises, la France et l'Italie ces deux dernières années, pour amener l'ensemble des acteurs libyens autour d'une même table.
"Les discussions se déroulent dans un cercle très limité composé de partenaires internationaux et d'organisations régionales", affirme une source diplomatique au niveau de l'ambassade d'Allemagne à Alger dans une réponse par mail, ajoutant que "les participants ont convenu qu'il n'y ait pas de solution militaire en Libye et qu'un retour à un processus politique sous la médiation de l'ONU est ainsi nécessaire".
Selon toujours notre source, "il est encore trop tôt pour savoir si ce processus ferait l'objet d'une conférence", précisant que "le conseiller diplomatique de la Chancelière fédérale, Jan Hecker, tient le ministre algérien des Affaires étrangères, M. Sabri Boukadoum, régulièrement informé". Pour Berlin, son rôle dans ce processus de sortie de crise est d'obtenir un "engagement de la communauté internationale à mener les parties du conflit à un cessez-le-feu", sur sollicitation de l'ONU.
"L'ONU a sollicité notre soutien dans la deuxième étape", affirme la même source. Pour rappel, les parties libyennes ne sont toujours pas invitées à cette conférence qui vise, selon ses initiateurs, à uniformiser la position de la communauté internationale autour d'une solution politique en Libye. Mais pour le moment, en l'absence d'une volonté chez les deux autorités parallèles en Libye, la Conférence de Berlin risque de rester au stade des concertations.
Lyès Menacer
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyes MENACER
Source : www.liberte-algerie.com