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Libye



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À la demande de l'Espagne, le Conseil de sécurité des Nations unies a suspendu sa décision de déroger à l'embargo sur les armes pour la Libye, pour permettre à cette dernière de mieux lutter contre les groupes terroristes, ont indiqué des diplomates. En effet, 7 des 15 membres du Conseil de sécurité ont bloqué la demande du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale.Cette demande libyenne d'exemption à l'embargo portait sur des dizaines d'hélicoptères, d'avions de combat et de tanks, ainsi que sur des milliers de fusils d'assaut avec leurs munitions. La Libye souhaitait acheter cet arsenal à l'Ukraine, à la Serbie et à la République tchèque. Il s'agit de commander à l'Ukraine six hélicoptères d'attaque, 150 chars T-72 et une trentaine d'avions de combat Sukhoi et MIGs, et à la République tchèque et à la Serbie des milliers de fusils d'assaut et de mortiers et leurs munitions. L'Espagne veut qu'on attende le résultat des efforts de médiation de l'émissaire de l'ONU, Bernardino Leon, qui tente de convaincre les factions libyennes de constituer un gouvernement d'union nationale, pour trancher cette question. La demande espagnole a été soutenue par six autres pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Chili, Nouvelle-Zélande, Lituanie). La décision est désormais ajournée sine die, a précisé un diplomate du Conseil. Beaucoup de pays membres craignent que les armes livrées ne tombent entre de mauvaises mains et souhaitent que soit d'abord constitué en Libye un gouvernement d'union nationale. Les demandes d'exemption doivent passer par un Comité des sanctions qui dépend du Conseil. Dans une lettre datée de vendredi et adressée à ce Comité, l'équipe d'experts de l'ONU chargée de superviser l'embargo souligne que le matériel demandé "est destiné à équiper un grand nombre de soldats, alors que la composition des forces armées libyennes est peu claire". Tout en reconnaissant que le gouvernement libyen "fait face à des défis sécuritaires exceptionnels", les experts font part de "leurs inquiétudes sur les risques de détournement du matériel militaire", en particulier les tanks et les armes individuelles.Ces armes pourraient être transférées à des milices après livraison, où des miliciens pourraient s'en emparer à l'issue de combats, expliquent-ils. Ils craignent aussi que les armes "ne servent dans des attaques sur des zones tenues par d'autres milices, qui ne sont pas des groupes terroristes", comme cela a été le cas quand le gouvernement a lancé des raids sur Tripoli et Misrata. Enfin, la lettre rappelle le risque de "pertes civiles" dans de telles opérations.M. T./Agences


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