
Au bord du chaos et menacée de partition, la Libye est aujourd'hui à la croisée des chemins.Les parties en conflit ne peuvent plus continuer à se faire la guerre, tout en espérant pouvoir s'imposer au peuple libyen et ignorer les sollicitudes de la communauté internationale, et notamment des pays du voisinage. Parce que les belligérants sont les premiers à savoir que cette situation de non-Etat qui perdure en Libye depuis plus de trois ans constitue une menace permanente à la sécurité et à la stabilité de toute la région : prolifération des groupes armés et du crime organisé, déplacement de populations, etc., c'est dans ce souci que la diplomatie algérienne n'a pas cessé de se déployer et met toute son expérience au service du dialogue inter-libyen afin de trouver une solution politique et négociée à la crise qui secoue ce pays. Dans ce contexte, l'Algérie multiplie ses efforts pour rapprocher les points de vue des parties libyennes et préparer les conditions d'un «dialogue inclusif» pour parvenir à une solution politique consensuelle à la crise. Comme l'a rappelé, lundi dernier, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, lors d'une rencontre avec les ambassadeurs des pays de l'Union européenne, ce déploiement de l'Algérie s'est fait à la demande des dirigeants libyens. Pour parer à d'éventuels pièges, Alger a exigé que ce dialogue inclusif puisse se faire «à l'exclusion des groupes terroristes reconnus en tant que tel par l'ONU». L'objectif étant de parvenir à une solution politique consensuelle qui préserve l'unité, l'intégrité territoriale du pays et la cohésion du peuple libyen et ouvre la voie à la mise en place des institutions chargées de gérer la transition. Car une éventuelle implication des milices en relations avec les réseaux terroriristes internationaux, tels qu'Al-Saïda, Aqmi ou l'Etat islamique en Irak et en Syrie, dans le dialogue risque non seulement de compliquer le processus de dialogue et galvauder l'esprit de réconciliation souhaité par le peuple libyen, mais surtout de renforcer le pouvoir des groupes armés qui menacent la stabilité et la sécurité de tout le voisinage et de leur conférer une légitimité inespérée. Au-delà de cet effort pour la stabilisation de la région et de la sécurisation de ses frontières, l'Algérie a prouvé, à travers ce déploiement régional, ses capacités diplomatiques en fructifiant à bon escient sa réputation de pays pivot du Maghreb et d'interlocuteur incontournable. C'est pourquoi toutes les Nations unies, les puissances régionales et internationales comptent aujourd'hui exclusivement sur l'Algérie pour résoudre ce conflit. C'est alors à l'initiative d'Alger que les pays du voisinage se retrouveront jeudi prochain à N'djamena pour poursuivre leur concertation sur la crise libyenne, en attendant que le processus de dialogue reprenne cette fois-ci en terre libyenne entre les deux camps rivaux (Tripoli et Tobrouk), sous l'égide des Nations unies.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Youcef Kaci
Source : www.lnr-dz.com