La Librairie des beaux-arts risque de connaître le même sort que la librairie-galerie l'Espace Noun "récupérée" par son propriétaire, il y a environ deux années, mais restée fermée jusqu'à ce jour
Boussad Ouadi, apparemment, n'avait gagné qu'une bataille en 2009. En effet, une décision d'expulsion a été prononcée par la justice à l'encontre de l'actuel gérant de la Librairie des beaux-arts d'Alger. Pourquoi ' Parce que, comme en 2009, le propriétaire des lieux veut récupérer son «bien». Située à la rue Didouche- Mourad (ex-rue Michelet) la Librairie des beaux- arts a ouvert ses portes dans les années 1950. Durant sa longue histoire, elle a accueilli des auteurs et des écrivains comme le prix Nobel de littérature 1957 Albert Camus, Emmanuel Roblès, Tahar Djaout, Mohamed Benchicou, Gilbert Meynier ou Djemila Benhabib. Elle a abrite aussi des rencontres littéraires et des expositions d'arts plastiques. Boussad Ouadi a décidé de résister, encouragé par les marques de soutien qu'il reçoit de partout. D'ailleurs, un «appel à la sauvegarde» de cette librairie est lancé. Dans un communiqué, Ouadi rappelle le «travail fourni ces dernières années pour redonner à cette libraire sa vocation initiale de lieu de rencontres des arts, de la science et de l'amour des libertés qu'elle avait malheureusement perdue après l'assassinat de Vincent Grau le 21 février 1994». «Cette librairie, qui existe depuis les années 50, symbolise un patrimoine culturel et historique cher à plusieurs générations d'étudiants, artistes et écrivains algériens qui y ont acquis les livres, les disques, les toiles qui ont compté dans leurs vies, leurs formations ainsi que leurs carrières professionnelles et culturelles. Vincent Grau, libraire de ce lieu, avait choisi de lier son destin à l'Algérie après l'indépendance et de poursuivre son engagement en restant à son poste durant les années de terreur. Il a été lâchement assassiné dans cette librairie», lit-on dans cet «appel à la sauvegarde». «Nous lançons un appel à toutes les bonnes volontés pour nous rejoindre et nous regrouper sous les formes appropriés afin de veiller avec vigilance à ce que la Librairie des beaux-arts demeure un lieu de rayonnement des livres et des arts au centre-ville d'Alger» , est-il écrit en conclusion du même texte. Au fronton de cette librairie est gravée «Librairie des beaux-arts». Que deviendra cette plaque, si par malheur les lieux abriteront d'autres activités n'ayant rien à voir avec l'art, le savoir et la culture ' Boussad Ouadi se demande : «En tant que citoyen jaloux de préserver notre précarré culturelle, que pouvons-nous faire pour préserver nos espaces d'expression et de ressourcement : librairies, cinémas, galeries d'art, théâtre, maisons de la culture '» A une dizaine de mètres de la librairie, une ancienne unité de vente de Sonipec est fermée depuis des années sans que personne ne cherche à la «récupérer»…
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K B
Source : www.lesoirdalgerie.com