«Clandestine, dernier né romanesque de Hamid Grine a été présenté, avant-hier, à la Librairie ‘Art et Culture', en présence de l'auteur. Sorti, en novembre dernier, aux Editions Casbah, «Clandestine» replonge le lecteur dans l'un des épisodes les plus douloureux de la décennie noire, à travers son héroïne, Hayat, une jeune fille rescapée du massacre de Bentalha. L'idée du roman est inspirée d'un témoignage rapporté à l'auteur par un de ses amis, un dermatologue qui exerce à Alger au début des années 2000.Selim, le dermatologue reçoit dans son cabinet, Hayat, une jeune fille travestie en garçon qui lui fait une demande surprenante. Elle veut qu'il lui fait une mammectomie, autrement dit, une ablation de seins pour pouvoir continuer à avoir l'apparence d'un garçon, sans devoir supporter la douleur générée par la pression des bandages qu'elle entouraient autour de sa poitrine. Cette demande n'était nullement motivée par un quelconque penchant sexuel de jeune fille comme on pourrait le croire. La jeune fille voulait juste continuer à exercer son métier dans un atelier de mécanique. «La raison était donc alimentaire !» dira l'auteur. Le dermatologue apprend également que Hayat était une rescapée d'une tragédie. A l'âge de 12 ans, elle a été kidnappée pour être séquestré de son village à Bentalha.
Evidemment le médecin refuse la demande de Hayet et l'oriente plutôt vers une de ses cons?urs psychologue.
Même s'il vivait en Algérie, Selim ignore tout du drame de Bentalha. Il a vécu, ces dernières années, branché sur les chaînes de télévision françaises, seul, sans son épouse et sa fille qui vivaient en France.
L'irruption de Hayet dans sa vie lui fit prendre conscience de cet épisode tragique de l'histoire de son pays. «C'est une histoire tragique, une histoire très dure. J'ai dû enlever 20 pages du manuscrit original avant son édition», témoigne l'auteur.
Bentalha, cette blessure encore à vif de notre mémoire collective, a donné matière aux passages les plus poignants de ce nouveau roman de Hamid Grine: «J'avais douze ans quand ils sont venus pour massacrer tout le monde dans mon quartier de Haï Djilali, à Bentalha, dans la banlieue-est d'Alger…Toute la famille était dans le salon devant la télé : ma mère, mon père assoupi sur le canapé comme à son habitude ainsi que mes s?urs, quand brusquement il y eut une panne d'électricité suivie, quelques instants plus tard, de cris affreux, des cris de suppliciés de l'enfer…»
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houari Barti
Source : www.lequotidien-oran.com