
Les événements de ces derniers jours ont montré combien, sur le plan des libertés individuelles et collectives, une régression, sournoise et banalisée, se révèle au quotidien du fait de la chape de plomb que fait peser le régime autoritaire sur l'ensemble de la société.Cette répression, il la veut «sophistiquée», n'hésitant pas à recourir s'il le faut à l'intimidation, au chantage, face à toute velléité de manifestation d'une quelconque opposition, de la moindre contestation. Un «état de siège» contre les libertés d'expression, de réunion, d'association est ainsi maintenu et qui n'a d'égal que la volonté d'un pouvoir autoritaire à réduire au silence tous ceux qui appellent au changement démocratique.Blogueurs et journalistes sont ainsi les premières cibles de cet acharnement, n'en déplaise aux déclarations péremptoires du ministre de la Communication, comme on vient de le constater une fois de plus avec le retrait de l'accréditation du correspondant d'un quotidien londonien à Alger.Elle fait suite, faut-il le rappeler, à des interpellations d'envoyés spéciaux dépêchés par des télévisions étrangères pour «couvrir la marche» du 24 février dernier. Des pratiques dignes des derniers régimes autocratiques, qui s'accompagnent d'une volonté d'enfermer la contestation dans des «ghettos», sous haute surveillance, en comptant sur la peur qu'elles peuvent susciter chez les Algériens déjà fortement marqués par une décennie de terrorisme.L'opposition ainsi tétanisée et affaiblie parvient difficilement à mobiliser des citoyens en faveur du changement démocratique. De ce morcellement de la société, le pouvoir tire profit à tous les coups, d'autant que la solidarité fait défaut. Même la contestation à l'échelle individuelle, sur internet et les réseaux sociaux, devient un exercice périlleux, comme en témoigne l'arrestation de ces «opposants 2.0», dont certains croupissent en prison dans l'attente d'un procès hypothétique. Le jeune militant du mouvement Barakat en a fait l'amère expérience en exprimant sur la Toile son opinion.Il a été interpellé à la première occasion par la police, lors d'une manifestation publique. Non content de cet acharnement et de ce harcèlement au quotidien à l'encontre du mouvement associatif et des partis de l'opposition, le pouvoir n'en continue pas moins à recourir au spectre de l'agitation sociale fomentée de l'extérieur et les conséquences qu'elle aurait sur «la stabilité et la sécurité du pays». Un procédé éculé, qui repose sur la peur, qu'il remet à chaque occasion au goût du jour, comme on l'a vu avec le message de Bouteflika lors de la commémoration de la Journée du 8 mars.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Reda Bekkat
Source : www.elwatan.com