
Une dizaine de députés et de militants du Parti des travailleurs (PT) sont sortis à la rencontre des citoyens, hier matin, place du 1er-Mai, à Alger. Les jeux étant faits à l'Assemblée populaire nationale où la loi de finances 2017 vient d'être votée, sans surprise, le Parti des travailleurs se tourne vers la population pour attirer son attention sur "les dangers que comporte ce texte de loi".Djelloul Djoudi, député et porte- parole du PT, expliquait d'ailleurs aux citoyens de passage qu'il était encore possible de revenir sur cette loi : "Rappelez-vous la loi sur les hydrocarbures de 2005. Elle a été adoptée par les deux Chambres du Parlement et le président de la République a fini pourtant par la retirer. Le Président peut faire de même aujourd'hui, et c'est pour cela que nous devons militer tous ensemble pour faire changer les choses de manière pacifique." Pas très nombreux, les policiers présents sur les lieux n'ont pas empêché l'opération.Un policier a, cependant, récupéré un document distribué à un citoyen. Djelloul Djoudi lui fait remarquer qu'il s'agit d'une fiche d'adhésion et qu'il serait le bienvenu au Parti des travailleurs s'il veut bien adhérer. L'agent de l'ordre esquisse un sourire et réplique : "Pourquoi pas." Les députés et militants du PT abordaient également les citoyens pour leur proposer le journal mensuel du parti Fraternité, au prix symbolique de 10 DA.À la Une des deux versions, arabophone et francophone, la loi de finances 2017 sous le titre : "Une guerre sociale rejetée par la majorité du peuple". Certains citoyens s'arrêtent pour chercher à comprendre la démarche du parti de Louisa Hanoune, débattre sur la loi de finances et finir pas acheter le journal du PT.D'autres, visiblement désespérés de tout changement dans le pays, déclinent l'offre et passent leur chemin. Il y en a même qui s'en sont pris aux députés du Parti des travailleurs pour exprimer toute cette colère que leur inspire l'Assemblée populaire nationale. "Vous touchez 30 millions par mois pendant cinq ans, vous sortez avec une prime assez importante et vous venez maintenant nous parler des problèmes des Algériens...", proteste un monsieur d'un certain âge.Le député Ramdane Taâzibt ne désespère pas de le convaincre et joue carte sur table avec lui : "J'ajouterai même qu'au bout de cinq ans, un député peut sortir avec une retraite proportionnelle contrairement à tous les autres Algériens qui seront privés de la retraite anticipée. Mais ce ne sont pas les députés du Parti des travailleurs qui ont voté contre les intérêts du peuple. Nous, nous avons voté contre la loi de finances 2017..." Mis à part quelques cas qui se sont montrés hostiles à l'initiative du PT, les nombreux citoyens abordés se sont montrés conscients de la situation "fragile" et "délicate" dans laquelle se trouve le pays. La plupart d'entre eux n'ont pas manqué de faire porter "aux gouvernants" la responsabilité de cette situation. Ils ne comprennent pas d'ailleurs comment c'est au peuple qu'on fait payer aujourd'hui le prix de l'échec du gouvernement. Surtout, relève un quadragénaire de passage, que "les riches ont été épargnés de la taxe sur la fortune". C'est ce que d'ailleurs la majorité des citoyens interrogés n'arrivent pas à "digérer". Une colère qu'ils retiennent à peine se lisait sur leur visage.Mehdi Mehenni
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mehdi Mehenni
Source : www.liberte-algerie.com