À la place du sit-in prévu, hier mardi, des parlementaires ont remis à la délégation de l'Union européenne à Alger, une lettre de désapprobation de la récente résolution du Parlement européen sur la situation des droits de l'Homme en Algérie.M. Kebci - Alger (Le Soir) - Le sit-in de protestation devant le siège de la délégation de l'Union européenne à El Biar, sur les hauteurs de la capitale, en réaction à la résolution, jeudi dernier, du Parlement européen sur la situation dans le pays, n'a pas eu lieu, comme initialement prévu par ses instigateurs.
Le principal promoteur de cette initiative, le sénateur Abdelouahab Benzaïm, avait, la veille, annoncé l'annulation de cette action de protestation en raison de l'impossibilité de sa tenue dans la foulée de l'interdiction qui touche tout rassemblement dans le cadre des mesures de prévention contre la propagation de la Covid-19 prises par les pouvoirs publics. Une action que bien des membres des deux chambres du Parlement, notamment ceux de l'ex-allégeance, auxquels se sont joints ceux du camp islamiste, ont applaudie, annonçant qu'ils allaient y prendre part.
Et à la place de ce rassemblement, le sénateur de Blida affirme se contenter de la remise à l'ambassadeur de la délégation de l'UE à Alger, d'une déclaration de parlementaires dénonçant la résolution du Parlement européen de jeudi dernier au sujet des droits de l'Homme en Algérie. Une résolution du Parlement européen qui continue de susciter des réactions, notamment de désapprobations. La toute dernière en date est celle du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, la seconde du côté officiel après celles du ministère des Affaires étrangères. Pour Ammar Belhimer, cette résolution fait partie de ce qu'il appelle un «flot d'agressions verbales qui nous parvient de France et qui cible notre pays.
Des agressions prenant plusieurs canaux ; le Parlement européen, les ONG et leurs rares relais médiatiques et politiques locaux, ainsi que les réseaux sociaux et leurs influenceurs parisiens», a expliqué le ministre dans une déclaration à l'agence officielle de presse (APS).
Affirmant que «ce n'est pas la première fois que des lobbies évoluant au sein du Parlement européen tentent vainement d'épingler l'Algérie sur le registre des droits humains et des libertés individuelles, en pondant des résolutions similaires qui, au fil du temps, deviennent ennuyeuses et provoquent un sentiment de déjà vu», le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement assimile ces attaques récurrentes à une «sorte de cadeau de Noël ou de service fait à l'adresse des commanditaires qui tirent les ficelles de ces lobbies». Et de rappeler, fort-à-propos, la résolution de même nature adoptée par le même Parlement européen, l'année passée.
Un timing loin d'être fortuit puisque, selon Belhimer, «en novembre 2019, alors que l'Algérie affairée à réussir son élection présidentielle pour sortir de l'impasse imposée par l'ancien régime, fait l'objet de critiques acerbes et à tort, de la part de parlementaires européens, censés représentés leurs peuples au lieu de jouer aux mercenaires».
Et d'ajouter que le Parlement européen va «jusqu'à tracer, dans le point 8 de sa résolution, la voie à suivre pour les Algériens : la transition politique en cours doit garantir le droit de tous les Algériens, quels que soient leur sexe, leur origine géographique ou ethnique et leur statut socioéconomique, y compris des Berbères, à participer pleinement au processus démocratique et à exercer leur droit de prendre part à la direction des affaires publiques». Comme si, selon lui, reprenant un ami à lui, on avait, en Algérie, un «problème d'ordre politique et citoyen spécifique dont la revendication est portée sur l'intégration des Berbères dans la vie politique et la gestion des affaires publiques», soupçonnant, dans la foulée, et à juste titre, «des tentatives d'ethnicisation de la vie politique, voire de retribalisation de l'identité à l'ère de la globalisation».
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement accusera des ONG et leurs relais médiatiques et politiques locaux de «ne pas être en reste de ces agressions», estimant qu'entre silence et à-plat-centrisme, l'immaturité des groupuscules laïco-démocrates, ultra-minoritaires dans le corps social et arrimés au sacro-saint logiciel atlantiste transitionnel et constituant, ne laisse planer aucun doute sur leur amateurisme politique, même s'ils font grand bruit dans les médias étrangers».
Des ONG dont les relais locaux «feignent d'ignorer qu'aucun des pays ayant emprunté la voie du processus constituant issu des laboratoires atlantistes n'est sorti indemne de la partition territoriale et de la guerre civile».
Pour Belhimer, l'objectif poursuivi en Algérie est on ne peut plus clair : éloigner l'Armée nationale populaire de son rôle historique naturel de protection de l'Etat-nation ? seul garant de la souveraineté nationale, du progrès et de la justice sociale», soutenant qu'il «est plus que certain que si l'Algérie n'avait pas manifesté une forte volonté de revoir l'accord d'association pour mettre fin à un marché de dupes et avait accepté d'aligner le prix de son pétrole à celui de son gaz naturel, jamais ces pseudo parlementaires n'auraient été poussés à écrire de telles contrevérités».
M. K.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kebci
Source : www.lesoirdalgerie.com