
Tous les regards sont braqués sur la prochaine réunion de l'Opep à AlgerIl faut pouvoir garantir un niveau de vie décent à la majorité du peuple, sans qu'on ait besoin d'avoir une oreille attentive à la Bourse de Londres.Le Forum international de l'énergie qu'abritera Alger, le 26 septembre prochain, est considéré par beaucoup comme l'événement majeur de la rentrée. L'objectif assigné à la réunion informelle des pays membres de l'Opep qui devrait se tenir en marge du forum, polarise l'attention de nombreux dirigeants. L'espoir d'aboutir à un redressement des prix de l'or noir suffit, en effet, pour qu'Alger se transforme, en l'espace de quelques jours, en capitale des hydrocarbures.Cela on l'aura compris. Sauf que cet intérêt des officiels et de l'opinion publique à cet événement tranche avec la promesse que le gouvernement s'est faite de ne compter que sur les capacités économiques hors hydrocarbures. Lesquelles demeurent dérisoires, si l'on tient compte des derniers chiffres du commerce extérieur qui limitent les exportations à 1,1 milliard de dollars sur les huit premiers mois de 2016. Cette performance médiocre ne constitue pas une surprise en soi, mais elle vient rappeler la nécessaire mobilisation de tous les Algériens pour une économie diversifiée et indépendante des hydrocarbures.On se souvient à ce propos, de la déclaration du Premier ministre, en juin 2014, qui avait affirmé que la chute des prix du pétrole devait être considérée comme une aubaine pour l'Algérie afin de développer son économie loin des réflexes rentiers hérités justement du commerce des hydrocarbures.Il semble, malheureusement, que les propos de Abdelmalek Sellal n'aient pas été réellement suivis d'effets. En tout cas, on sent une tendance quasi généralisée à souhaiter une sortie de crise par la hausse des prix du pétrole. La position «statique» de l'Exécutif, laissant toute l'initiative au seul ministre de l'Energie qui a sillonné une partie de la planète pour préparer le Forum international de l'Energie, illustre une attitude attentiste qui amène à penser que l'on ne veut vraiment pas retenir les leçons.L'Algérie a eu sa rentrée scolaire, sa rentrée politique et il semble qu'en haut lieu, on mise sur le Forum international de l'Energie pour marquer la rentrée économique par une «victoire» sur les prix du pétrole. Même s'il ne faut pas réduire de l'importance de ce rendez-vous et de sa portée tant économique que diplomatique, il reste qu'il ne devrait pas masquer le véritable grand enjeu de l'Algérie qui est la diversification de son économie. Le travail qu'abat Nourredine Bouterfa doit certes être valorisé, mais il ne devra en aucun cas constituer la planche de salut pour l'Algérie.Celle-ci est ailleurs. Elle est dans le développement de l'industrie, de l'agriculture, du tourisme, de l'économie numérique. Or, il semble, à bien «écouter» le silence du gouvernement sur tous ces sujets, ces dernières semaines, que la mobilisation de la société n'est pas la priorité de l'heure. Sinon comment expliquer qu'en trois semaines, l'ensemble des commentateurs et des analystes s'échine à prouver qu'un pétrole à 45 dollars est la pire chose qui puisse arriver au pays, que le déficit commercial, de la balance des paiements et autre baisse des réserves de changes vont plonger la société dans le chaos. Face à ces analyses qui ne tiennent compte que des données chiffrées, le gouvernement ne lance aucune initiative, histoire d'orienter la société sur le vrai débat, celui d'une relance effective d'une économie hors hydrocarbures.Le discours devrait concerner spécifiquement cet aspect des choses. Il est urgent et important de sérier les projets en cours de réalisation pour que les Algériens sachent ce qui se fait sur le terrain dans le sens de la diversification. Il faut que la lutte contre la bureaucratie économique soit une priorité. Il faut en parler et communiquer très largement pour donner du sens à la déclaration de juin 2014. Que le pétrole atteigne 60 ou 80 dollars ne devrait pas être un objectif en soi.Ce sont les unités de production dans diverses filières qui devraient être comptabilisées. Il faut que les Algériens sachent que l'objectif véritable sera de pouvoir garantir un niveau de vie décent à la majorité du peuple, sans qu'on ait besoin d'avoir une oreille attentive à la Bourse de Londres.On parlera peut-être en décembre prochain, à l'occasion d'un forum d'affaires Algérie-Afrique de l'économie réelle, d'investissements et d'exportation. Mais d'ici-là, on aura perdu deux long mois à espérer un accord entre des nations étrangères sur les prix du pétrole. Que de temps perdu gratuitement!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com