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Les universitaires dénoncent des "déséquilibres et des incohérences"



Les universitaires dénoncent des
Les enseignants du Département d'histoire de l'université d'Alger se sont déclarés "profondément choqués" en découvrant ce nouveau programme établi à leur insu par la tutelle.Un comité d'évaluation composé d'enseignants revendique le retrait de ce programme, l'ouverture d'un débat avec les spécialistes et l'établissement d'un programme cohérent.Confectionné de manière unilatérale par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le nouveau programme de la licence en histoire dont la mise en application débute dès la présente année universitaire, est vivement contesté par les universitaires. Ces derniers relèvent dans ce programme des "déséquilibres et des incohérences" qui se répercuteraient négativement sur l'enseignement de la filière histoire et par là même, sur le niveau des études et donc des futurs universitaires.Les enseignants du Département d'histoire de l'université d'Alger se sont déclarés "profondément choqués" en découvrant, fin juin dernier, ce nouveau programme établi à leur insu par la tutelle. Suite à quoi, un comité d'évaluation a été installé. Dans son rapport, dont un résumé est parvenu à notre rédaction, ce comité revendique désormais le retrait de ce programme et l'ouverture d'un débat avec l'ensemble des enseignants spécialisés au niveau national pour l'établissement d'un programme cohérent. "Les membres du comité d'évaluation regrettent que l'on n'ait pas fait appel aux enseignants d'histoire des différentes spécialités avant la publication du nouveau programme et souhaitent qu'il soit mis fin à cette méthode ainsi qu'aux résultats qui en ont découlé, et ce, dans l'intérêt général", écrivent les membres du comité d'évaluation. Le rapport en question dont des copies ont été remises au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, à la Commission pédagogique nationale ainsi qu'à un grand nombre d'enseignants concernés à travers le pays, met l'accent, notamment, sur le déséquilibre entre les unités d'enseignement fondamental (UEF) et les unités d'enseignement complémentaires, à savoir celles relatives à la découverte et à la méthodologie ou encore les unités de l'enseignement transversal. Ce qui est contraire, rappelle-t-on, au décret exécutif n°08-265 du 10 août 2008, portant régime des études en vue de l'obtention du diplôme de licence, du diplôme de mastère et du diplôme de doctorat, dont l'article 3 stipule que "la formation en vue de l'obtention du diplôme de licence est organisée en semestres comprenant des unités d'enseignement capitalisables et transférables, évaluées par une note et mesurées en crédits".Pour illustrer les "déséquilibres et les incohérences" contenus dans le nouveau programme, le comité d'évaluation cite quelques exemples : la suppression de la matière relative à la "préhistoire de l'Afrique du Nord", la réduction des enseignements relatifs à "toute l'histoire ancienne" à une UEF seulement, ou encore la disparition des enseignements en histoire médiévale relatifs à "l'évolution des mouvements doctrinaires dans le monde musulman", aux "relations entre l'Orient et l'Occident durant le Moyen Âge", ou encore la réduction de l'enseignement relatif à "l'Europe au Moyen Âge" à une UE de découverte optionnelle. Autant de suppressions et de réductions de matières, regrette le comité, qui auront pour effet l'introduction d'un "très grave déséquilibre dans la distribution des enseignements entre les grandes périodes historiques".Dans le même rapport, le comité décrie, par ailleurs, les "incohérences dans la répartition des enseignements entre les semestres". Il cite particulièrement la matière de "l'histoire contemporaine de l'Algérie", prévue dans le nouveau programme, en tronc commun, dès les 1er et 2e semestres, alors que les modules de "l'histoire de la Révolution algérienne (1954-1962)" et "l'histoire du mouvement national (1919-1954)" sont différés au 5e semestre, soit vers la fin du cursus universitaire pour l'obtention d'une licence, limité à 3 ans dans le système LMD.Contacté par téléphone, Ahmed Redouane Cherfeddine, professeur en histoire moderne et contemporaine, membre du comité d'évaluation, souhaite que le ministère soit sensible à la revendication des enseignants pour "surseoir à ce nouveau programme et ouvrir un débat avec l'ensemble des spécialistes pour le remplacer ultérieurement par un autre plus adéquat".Farid Abdeladim
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