Les travailleurs du consulat de France d'Alger affiliés à la Confédération française démocratique du travail du ministère des Affaires étrangères (CFDT-MAE), ont entamé il y a 8 jours un mouvement de grève qui devait prendre fin hier. Une source proche des travailleurs a fait savoir que les négociations entamées avec les responsables du consulat se poursuivront, mais qu'«apparemment les agents grévistes pourraient reconduire leur mouvement». Une source bien au fait du dossier a indiqué, en effet, que les négociations se poursuivent, mais se cristallisent autour de la revendication principale des grévistes, à savoir le versement des salaires en euros. Selon elle, cette revendication est difficilement applicable car elle est en contradiction avec la législation algérienne qui interdit le versement d'un salaire en monnaie étrangère.
Pour contourner cette législation, les travailleurs du consulat ont proposé le versement de leur salaire sur des comptes en France. Notre source a fait savoir que les négociations se poursuivront, mais qu'apparemment les agents grévistes pourraient reconduire leur mouvement.
La plateforme de revendications est axée essentiellement sur des doléances d'ordre salarial et socioprofessionnel. Entre autres doléances qui visent à réclamer des droits issus des réglementations du travail française et algérienne, le personnel du consulat souhaite «le virement des salaires en euros sur des comptes en France, la revalorisation des salaires des agents de droit local, l'évolution des salaires non pas en fonction du mérite mais de l'ancienneté».
Les agents non grévistes poursuivaient leur mission afin de prendre en charge, en priorité, les demandeurs de visa qui ont reçu l'accord des autorités françaises avant le débrayage, ainsi que les urgences médicales. Ce qui nous a été confirmé lors de notre déplacement au centre de traitement des dossiers TSL contact.
En effet, un agent a indiqué que parmi les dossiers jugés prioritaires et traités hier figuraient également les personnes accréditées par l'ambassade de France et les visas de retour. Une personne qui devait bénéficier d'un visa d'affaires a trouvé étonnant que cette catégorie ne soit pas prioritaire et l'a fait savoir aux agents qui indiquaient à plusieurs reprises aux mécontents que les travailleurs de TSL contact n'ont rien à voir avec ce mouvement social.
Chamboulement des rendez-vous
Tous ceux qui avaient obtenu un rendez-vous hier et qui s'étaient déplacés dans l'espoir d'être pris en charge ont été priés de s'inscrire sur le site de TSL contact afin d'obtenir un nouveau rendez-vous. Un homme a confié qu'il s'était déplacé pensant que la grève était terminée, d'autant qu'il n'a reçu ni message ni e-mail lui enjoignant de ne pas le faire.
Il a pu toutefois obtenir un nouveau rendez-vous comme quelques personnes, et ce, grâce à l'appui d'un agent qui leur a délivré une nouvelle date.
Pour la personne interrogée, il s'agit du 23 mai, une date qu'il estime trop lointaine, mais l'agent lui a indiqué qu'il n'avait pas le choix et que tous les demandeurs de visa qui avaient rendez-vous hier allaient être soumis au même échéancier. Interrogée sur cet échéancier, somme toute long bien qu'il soit à relativiser puisque nous avions indiqué dans notre édition de lundi qu'entre 900 et 1100 dossiers étaient traités par jour, une source a ajouté que le consulat n'avait donné aucune instruction pour la gestion des nouveaux rendez-vous.
Les dossiers seront traités au cas par cas. Aucun responsable du centre de traitement n'était présent afin d'obtenir les données concernant le nombre de demandeurs de visa en attente. Toutefois, un agent sous couvert de l'anonymat a affirmé qu'il pourrait s'agir de 6000 à 7000 demandeurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sabrina Benaoudia
Source : www.letempsdz.com