Photo : S. Zoheir
Par Samir Azzoug
La grève des travailleurs des communes amorcée hier, pour une durée de trois jours (23, 24 et 25 octobre 2011), a connu un suivi mitigé au niveau de l'Algérois. Dans le service d'état civil de l'Assemblée populaire communale (APC) d'Hussein Dey, les guichets sont restés ouverts et les préposés effectuaient leur travail normalement. Mais l'essentiel n'est pas là. «La grève de trois jours vient simplement en soutien du rassemblement que nous allons tenir lundi (aujourd'hui) à partir de 11h, devant le Palais du gouvernement à Alger. Nous sommes, d'ailleurs, en train de rassembler nos troupes», expliquait hier M. Ali Yahia, président du Conseil national du secteur des communes (CNSC), affiliée au Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (Snapap). Annonçant un taux de suivi moyen de 70 à 75% sur le territoire national, avec des blocages complets (100%) au niveau de certaines APC et un taux de suivi supérieur à 80% dans plusieurs wilayas du pays (à l'instar de Tizi Ouzou, Bordj Bou
Arréridj, Béjaïa ou Sidi Bel Abbès), le syndicaliste insiste sur l'impatience des travailleurs des communes quant à la prise en charge de leurs revendications et leur consternation devant la position des pouvoirs publics qui «se jouent de notre malheur». «Depuis 2007, les pouvoirs publics ont pris en charge la révision de nos statuts et de nos régimes indemnitaires, mais nous n'avons rien de concret jusqu'à présent. Je ne comprends pas pourquoi les autres secteurs ont rapidement été entendus et que les travailleurs des communes restent marginalisés», dénonce Ali Yahia qui décide «après épuisement de tous les moyens de négociations» avec la tutelle (le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales) d'interpeller directement le Premier ministre. «J'espère que cela se passera dans le calme et sans violence», souhaite-t-il quant au déroulement du rassemblement. Moins d'un mois après avoir suspendu un rassemblement des délégués syndicaux des communes (le 26 septembre à Alger), suite à la diffusion sur les médias d'un communiqué annonçant la signature des décrets relatifs aux statuts particuliers et régimes indemnitaires des travailleurs des communes, le retard de la transcription de ces décisions au Journal Officiel ranime le courroux de plus d'un demi-million de travailleurs que compte le secteur. «Le malaise est très important au niveau des travailleurs. Ils sont vraiment remontés contre ce qu'ils prennent pour de la marginalisation et du mépris», s'indigne Ali Yahia. Leurs revendications renouvelées portent sur la promulgation du statut particulier des travailleurs du secteur, un régime indemnitaire avec effet rétroactif à partir de 1er janvier 2008, la révision du statut des corps communs et l'annulation de l'article 87 bis de la loi 90-11 relative aux relations de travail.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A
Source : www.latribune-online.com