Les travailleurs du secteur nucléaire veulent hâter la promulgation de leur statut particulier. En attendant, le bras de fer avec la direction du COMENA se poursuit.
Rien ne va plus entre les travailleurs du secteur nucléaire et l'administration du Commissariat à l'énergie atomique (COMENA). En cause : une grave mésentente au sujet du statut particulier des travailleurs du secteur (chercheurs et personnels assimilés), en souffrance depuis 2009.
Depuis quatre années, trois moutures, toutes rejetées par les salariés, ont été présentées par l'administration du COMENA. « Concrètement, le dossier du statut, dans sa globalité, n'a pas avancé d'un iota. Pourtant, une réelle volonté de dialogue aurait certainement permis la finalisation du dossier, pour le plus grand bénéfice du personnel et de la stabilité de l'institution », déclare un travailleur rencontré, mercredi, au rassemblement protestation organisé devant le siège du Centre de recherche nucléaire d'Alger (CRNA) d'Alger.
Dénonçant tour à tour une « opacité totale », « le travail en conclave d'un groupe restreint de personnes » au sein du COMENA, des « simulacres de consultations », conjugués à la non prise en compte des recommandations présentées par l'ensemble des personnels, ainsi qu'une une absence de concertation avec les partenaires sociaux, les protestataires demandent l'intervention des pouvoirs publics. A leur tête le Premier ministre qui a, d'ailleurs, été destinataire d'une correspondance de la part des salariés du secteur, dans laquelle ils lui rappellent la genèse du conflit avec l'administration du COMENA.
Un statut attendu depuis 1996
Le dossier concernant le statut des employés du COMENA est actuellement au niveau de la direction de l'entreprise. Les protestataires affirment que l'administration persiste dans son refus systématique d'engager une concertation réelle avec les partenaires sociaux. Ces derniers sont représentés par le Syndicat national des chercheurs permanents du secteur nucléaire (SNCP) et la Fédération nationale des travailleurs de l'industrie de l'électricité et du gaz (FNTIEG), représentant les personnels assimilés. « Le staff dirigeant du COMENA ne veut pas associer les sections syndicales dans la mise au point définitive de ce projet de statut », déplore un chercheur. « Pour donner l'apparence d'une concertation avec les personnels, les responsables du COMENA ont institué une commission mixte composée de personnes nommées dans leur écrasante majorité par l'administration », ajoute-t-il.
Le statut en question est censé gérer les carrières de tous les salariés, et apporter des solutions concrètes à la situation vécue par tous les travailleurs. Institué par l'article 28 du décret présidentiel n°96-436 du 1er décembre 1996 portant création, organisation et fonctionnement du COMENA, il est attendu depuis plus de quinze ans.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Younès Djama
Source : www.maghrebemergent.info