Alger - A la une

Les travailleurs Algériens d'une société pakistanaise dénoncent leurs conditions de travail



Les travailleurs Algériens d'une société pakistanaise dénoncent leurs conditions de travail
Un incident peu banal a eu lieu jeudi passé lorsqu'une dizaine de travailleurs algériens ont fait irruption dans la salle de conférences de l'auberge de jeunesse de Zelfana, où se déroulait une journée portes ouvertes sur le thème du : « Contrat de travail aidé (CTA) et contrat de formation emploi (CFE) », organisée par l'AWEM de Ghardaïa.En effet, à l'ouverture des travaux de cette journée de travail, une dizaine de travailleurs Algériens d'une entreprise Pakistanaise dénommée Shaukat And Raza ?SPA Algérie, activant dans le domaine du pipeline et de la tuyauterie de grande dimension, sous traitante de la Sonelgaz ont fait brusquement irruption dans la salle, exigeant d'être écoutés mais aussi et surtout protégés, par qui de droit, notamment l'inspection du travail, dans leurs droits et leur dignité.MéconnaissablesVêtus de véritables guenilles, traînant des claquettes, ou de ce qui peut encore ressembler à des pataugas en lambeaux, ils faisaient vraiment pitié à voir dans ces haillons. Exhibant des fiches de paie, ils dénonçaient tant leurs pénibles et dangereuses conditions de travail que leurs salaires. « Regardez nous, dans quelles conditions misérables on nous fait travailler dans notre propre pays » crie l'un d'eux, qui semble être le plus âgé, mais sans jamais user de la moindre parole déplacée, ajoutant « nous travaillons comme des esclaves en plein désert, en plein air, de 8 heures du matin à 14 heures, livrés à nous même sans aucune assistance quelle qu'elle soit.On nous transporte comme du bétail sur un camion plateau sans aucune protection et on nous abandonne à 40 kms en plein désert, avant de revenir nous chercher à la fin de la journée de travail. Nous ne recevons ni eau, ni nourriture, ni même une boite à pharmacie. Alors l'ambulance, il ne faut pas rêver. » Alors que seuls trois d'entre eux portaient ce qui devaient être des combinaisons de travail, aux dos desquelles étaient transcrites, dans une forme triangulaire, la dénomination de l'entreprise employeuse (Shaukat And Raza ?SPA Algérie), tous les autres étaient pratiquement en haillons.À notre question de savoir où étaient leurs tenues de travail et de sécurité, ils eurent un moment de flottement, sorte d'incompréhension, comme tombés des nues, puis presque à l'unisson, réagirent « mais de quoi parlez-vous monsieur ' Personne d'entre nous n'a reçu de combinaison, ni de casque ni de gants de sécurité.Ces vieilles combinaisons ont été attribuées aux premiers recrutés, puis plus rien. » Selon l'un d'eux, même avec ce rythme et ces conditions de travail de bagnards, ils ne sont pas à l'abri d'un licenciement sec puisqu'ils sont tous, selon lui, recrutés avec des contrats de travail renouvelables de 6 mois. « À qui nous plaindre, nous avons tapés à toutes les portes, en vain. Même l'inspecteur du travail ne nous a pas protégés. Où devons nous aller ' Nous ne pouvons supporter plus. Nous sommes à la limite de notre patience. Nous avons des familles, nous voulons travailler mais pas dans n'importe quelles conditions. Nous exigeons la sécurité mais surtout de la dignité. »40 esclavesIls seraient, aux dires de certains, une quarantaine d'Algériens travaillant dans les mêmes conditions pour cette société pakistanaise dont les bureaux, au niveau local, se situent à la cité des 108 logements Ennasr de Zelfana, ville des thermes éloignée au sud du chef lieu de wilaya, Ghardaïa , de 70 kms. Afin d'avoir l'avis des responsables de cette entreprise, nous nous sommes rendus sur place mais nous n'avons pas été reçu, au motif, selon le gardien, qu'il n'y avait personne à cette heure ci.Qu'à cela ne tienne. En rentrant à Ghardaïa, nous avons appelé plus d'une dizaine de fois au numéro de téléphone indiqué sur une des fiches de paie que nous avons photographié, aucune réponse. Personne ne décroche. À signaler que l'incident qui a failli dégénérer et prendre des proportions qui auraient eu des conséquences bien fâcheuses, a été géré très calmement et professionnellement, par Hacène Kernoug, le directeur de l'agence de wilaya de la main d'?uvre de Ghardaïa, qui a réussi à apaiser la tension et calmer les esprits des contestataires .
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)