Alger - A la une

Les textes ne suffisent pas



Chiffres - 3 757 cas de violence de la part des enseignants à l'égard de leurs élèves ont été enregistrés durant l'année scolaire 2010-2011 contre 4 129 en 2009, tous cycles confondus.
Cette légère baisse s'explique par l'investissement du secteur de l'éducation dans la vulgarisation des activités sportives et de loisirs, explique M. Kebel, sous-directeur des activités culturelles au ministère de l'Education. «Il n'est pas possible de maîtriser cette violence à travers des textes» estime-t-il, rappelant que la loi 08-04 de 2008 d'orientation sur l'éducation, a «strictement banni le châtiment corporel.»
Un texte qui ne semble pourtant pas trouver écho chez certains enseignants qui n'hésitent pas à recourir à la violence au vu et au su de leur tutelle qui, jusqu'à preuve du contraire, reste passive. «Le châtiment corporel existe, on ne peut pas le nier», reconnaît M. Kebel allant jusqu'à justifier cette forme de violence, en faisant référence à la mutation de la société. Et pour que la situation change, il faut espérer, du point de vue du représentant du ministère, «la transformation de la société dans son ensemble.» En attendant cette transformation, on va laisser nos enfants se faire terroriser au risque de les voir un jour perpétuer le comportement violent de leurs enseignants.
Fatima Mernissi, qui enseignait dans les années 70 aux Etats-Unis, a été un jour sévèrement interpellée par le proviseur de l'établissement pour avoir giflé un de ses élèves qui était distrait par un oiseau qui survolait la fenêtre. «Madame, vous venez de gifler le futur président des USA, il vous revient de trouver le moyen à ce que l'enfant trouve de l'intérêt dans votre cours pas dans l'environnement de l'école», lui dit-il.
Ce témoignage de cette grande sociologue marocaine nous renseigne sur l'écart qui sépare notre société des autres pays quant au châtiment corporel dans nos établissements scolaires.
La problématique est sans doute complexe de par divers paramètres allant de la société à la famille en passant par le corps éducatif. Le cumul de tous ces facteurs nous incite à parler de cet excès de violence que nous subissons quotidiennement et qui a atteint son paroxysme dans nos écoles depuis au moins la décennie noire. Aux conséquences de toutes ces années sanglantes vient se greffer la dislocation de la cellule familiale avec tout ce que cela induit comme démission de parents et autres. Si par ailleurs le phénomène demeure plus ou moins limité à Alger, à l'intérieur du pays il ferait rage selon les témoignages des parents des victimes.
La pratique du châtiment corporel reste enfin favorisée par la loi du silence. La situation dans l'école algérienne à la faveur de tous ces éléments est donc explosive.


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