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Les syndicats sceptiques



Les syndicats sceptiques
L'annonce réitérée, il y a quelques jours, de lever le verrou légal sur les augmentations de salaire ne convainc guère les syndicats.Nous ne pensons pas que l'Etat va se débarrasser de sitôt de l'article 87 bis, après des décennies à expliquer aux travailleurs concernés l'ampleur des retombées financières de son abrogation», soutient M. Behari, président de la Commission nationale des corps communs de l'éducation, à propos de l'annonce faite par le président de la République quant à l'abrogation de l'article 87 bis relatif aux relations de travail.L'article 87 bis est considéré comme principal blocage pour l'augmentation des salaires d'une grande partie des travailleurs ne touchant pas le salaire minimum garanti fixé par décret à 18 000 DA. Pour ce syndicat qui s'est mobilisé depuis quelques années pour la hausse des salaires des travailleurs des corps communs, «c'est un pur mensonge».M. Behari estime que «si le président de la République et son Exécutif avaient la volonté politique d'augmenter les salaires, ils l'auraient fait à travers les canaux habituels, c'est-à-dire à l'issue de la dernière tripartite qui, elle, s'est soldée par un refus masqué de toute abrogation de ce texte qui bloque l'augmentation de nos salaires». Le secteur de l'éducation, à lui seul, compte 200 000 travailleurs dans les corps communs (agents de sécurité, personnels d'hygiène, administratif?).Parmi ces travailleurs, 70 000 se battent toujours pour obtenir des postes permanents. Les salaires mensuels n'atteignent pas 18 000 DA. «Si le Président était vraiment déterminé à régler le problème du SNMG, il aurait instruit les autorités compétentes de trouver d'autres mécanismes pour mettre fin au calvaire de ces salariés, au lieu de faire des promesses impossibles à tenir, d'abroger un article dicté par le FMI et dont l'abrogation est compliquée», soutient encore M. Behari. Dans le secteur de la santé ? qui compte également des centaines de milliers de travailleurs dont les salaires n'atteignent pas le SNMG ?, l'annonce du chef de l'Etat est considérée comme «un coup médiatique» au lendemain de l'élection présidentielle.M. Snaoui, président de la Fédération de la santé de la wilaya d'Alger, se réfère d'ailleurs aux ajournements récurrents de l'amendement de cet article sous prétexte des incidences financières sur le Trésor public, dont le plus récent remonte à l'issue de la tripartite. Le gouvernement et le patronat ont renvoyé cette possibilité à l'ouverture du dossier de l'amendement de l'article en question, en 2015. «Le Président n'a même pas parlé du principe de l'amendement. Il n'y a aucune échéance ni détail sur les modalités d'augmenter ces salaires, ce qui nous pousse à être encore plus sceptiques avant de voir une décision concrète», explique M. Snaoui, qui insiste sur le fait que le Président est toujours dans le contexte de l'élection et le 1er mai a été l'occasion pour faire un coup de publicité afin de vendre une énième promesse que la loi de finances 2015 «démentira certainement». Selon M. Snaoui, 30 000 employés touchent 9000 DA par mois dans le secteur de la santé. «Il faudrait revoir la politique salariale qui pénalise toutes ces catégories au lieu de l'instrumentaliser.»C'est en somme ce qu'estime M. Ouchichi, économiste, qui considère que le président de la République vient d'afficher «un mépris total» des institutions. Le chef de l'Etat est en contradiction avec les résolutions de la dernière tripartite, sans prendre en considération s'il est opportun ou non de procéder à une telle abrogation. Les corps communs de la santé, des collectivités locales et de l'éducation, qui sont les employés qui touchent les salaires les plus bas de la Fonction publique, promettent de (re)monter au créneau. «Nous n'allons pas nous taire ! Si à l'annonce du projet de loi de finances pour 2015 il n'y a pas de concret concernant l'abrogation de cet article, nous, reprendrons la protestation», menace la Commission des corps communs de l'éducation.


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