Le bras de fer entre le ministère de l'Education nationale et les syndicats autonomes se durcit. Les semaines défilent et la colère du personnel éducatif ne semble pas aller vers l'apaisement. Les dernières mises en garde de la tutelle par rapport au boycott de l'encadrement des examens de fin d'année par les protestataires n'ont apaisé en rien les tensions qui marquent le secteur depuis plusieurs semaines, puisque la journée d'hier a été rythmée par des actions de protestation, notamment à Alger. Le sit-in qui devait se tenir devant l'annexe du ministère de l'Education nationale au Ruisseau a été empêché dans la mesure où ce rassemblement a été déclaré illégal par le tribunal administratif.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - Le ministère de l'Education nationale avait mis en garde les syndicats qui ont appelé au boycott des examens de fin d'année. La tutelle avait également spécifié aux signataires la déclaration du 18 mai 2021 sous le n°02-2021 de se conformer à l'arrêt de justice, rendu en référé par le tribunal administratif d'Alger, en date du 24 mai 2021 sous le n°1839/21, ordonnant de cesser d'organiser la manifestation devant le ministère de l'Education nationale.
Réagissant à ces mesures, les représentants des syndicats autonomes de l'éducation sont unanimes pour dire que cette démarche de la tutelle ne s'inscrit aucunement dans une logique d'apaisement. «Le recours à la protestation est pleinement justifié», martèle l'un des membres du Conseil des lycées d'Algérie (CLA), expliquant que «le dialogue tutelle-syndicats n'a abouti à rien et s'est soldé par un nouvel échec». Ce syndicaliste regrette que le ministère de l'Education fasse intervenir la justice pour «casser une grève des enseignants», affirmant que les 14 syndicats n'ont reçu aucun document officiel de la justice qui déclare le débrayage «illégal».
Le porte-parole du CLA conteste dans ce sens, des décisions de cet acabit, qui bafouent, dit-il, «les droits fondamentaux des travailleurs ainsi que les libertés syndicales».
Comme lui, la majorité des syndicalistes se disent peu convaincus par «les promesses» du ministre de l'Education de trouver un réel compromis à ce malaise qui tourmente le secteur. Ils jugent que cette situation n'est que la conséquence de «l'entêtement de la tutelle», qui ne daigne pas ouvrir «un dialogue sérieux et responsable». Pour eux, on ne peut reprocher au corps éducatif d'être à l'origine de l'instabilité chronique qui caractérise le secteur.
Abondant dans ce sens, le président du Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, a déclaré que la tutelle prône le dialogue, mais organise des « rencontres purement symboliques». «Le dialogue n'a mené à aucun résultat probant», a-t-il précisé. Boualem Amoura lance un appel au ministère de l'Education ainsi qu'au gouvernement, les invitant à prendre en charge les revendications portées par les protestataires depuis des semaines.
Les membres de l'Union nationale du personnel enseignant et de la formation (Unpef), ont exprimé, quant à eux, leur colère après avoir été empêchés de tenir, hier, un rassemblement devant l'annexe du ministère de l'Education nationale. «Cette approche de la tutelle ne va sûrement pas nous dissuader de mettre de côté nos principales doléances», ont-ils fait comprendre.
De nombreux travailleurs de l'éducation, à leur tête les présidents des syndicats, ont tenté de se rassembler, hier, devant la Direction de l'éducation sise au Ruisseau (Alger) mais sans succès. Les forces de l'ordre ont prié les manifestants de quitter les lieux, estimant que cette action est «illégale».
Les contestataires promettent que même après cela, ils sont résolus à poursuivre la protesta en avertissant que la prochaine rentrée sociale promet d'être agitée.
M. Z.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Massiva Zehraoui
Source : www.lesoirdalgerie.com