La «surconsommation» des écrans par les enfants et les adolescents est en train de devenir un problème de santé publique, alertent les spécialistes.
En effet, pour le professeur Madjid Tabti, chef de service de pédopsychiatrie à l'établissement hospitalier spécialisé de Cheraga (Alger) : «l'addiction au téléphone constitue un véritable problème de santé publique et un phénomène qui prend une ampleur sans précédent chez les enfants», révélant que ««deux-tiers des enfants ont des problèmes d'addiction, avec une moyenne quotidienne de cinq à huit heures d'exposition devant les écrans». Intervenant, hier, sur les ondes de la Radio nationale, le Pr Madjid Tabti, a estimé que ce qui est «dangereux», c'est le temps que passent les enfants et les adolescents devant les écrans et les contenus qu'ils consultent quotidiennement.
Pour l'invité de la Radio, «cette exposition permanente a un impact direct sur la santé mentale et physique des enfants», citant l'exemple des vacances d'été «où les enfants passent davantage de temps devant les écrans pour combler leurs journées», a-t-il souligné.
«Aujourd'hui, la famille algérienne achète la paix en offrant à ses enfants un téléphone portable, cela est très dangereux», a-t-il alerté. Il a également mis en garde contre une addiction généralisée aux écrans chez les enfants et adolescents, soulignant «l'importance de trouver un équilibre et de proposer des activités hors ligne pour réduire cette dépendance».
Pour le pédopsychiatre, «il est crucial de trouver un équilibre entre l'utilisation du téléphone et d'autres activités, notamment celles qui favorisent le développement social et personnel chez cette catégorie fragile de la société».
«Les risques de la nomophobie»
«Il faut surtout proposer des activités alternatives aux enfants et adolescents, les encourager à pratiquer des sports, des activités artistiques ou à s'impliquer dans des groupes sociaux, des activités qui peuvent les aider à se détourner des écrans», a-t-il insisté. «L'addiction aux écrans peut entraîner une perte de contact avec le monde réel, des problèmes d'isolement social, et potentiellement des troubles de l'humeur et de l'anxiété», a encore estimé le chef de service de pédopsychiatrie à l'EHS de Cheraga.
Le professeur Tabti, au même titre que d'autres spécialistes, met également en garde contre la «nomophobie», c'est-à-dire «la peur de se retrouver sans son téléphone, qui peut être une forme d'addiction», a-t-il expliqué. «Dans les cas d'addiction sévère, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé, comme un pédopsychiatre, pour obtenir une aide spécialisée», a-t-il suggéré.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El-Houari Dilmi
Source : www.lequotidien-oran.com