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Les retraités à la rescousse



Les retraités à la rescousse
Contradiction - Alors que des milliers de diplômés universitaires chôment, les autorités optent pour des solutions temporaires.
Devant le grand déficit en matière d'enseignants, le nouveau ministre du secteur, Abdellatif Baba Ahmed, veut rappeler les retraités afin de combler le vide préjudiciable à des milliers d'élèves. «Nous sommes en train d'étudier la formule juridique adéquate pour réintégrer les professeurs et maîtres. Nous voulons les rappeler pour encadrer les élèves et pallier le grand manque constaté notamment en mathématiques et en langues étrangères», a déclaré, le 27 novembre, le ministre au quotidien arabophone El Khabar. Il a précisé que des contrats de travail seraient établis pour ces retraités par la Direction des ressources humaines (DRH) de son département. Par ailleurs, Baba Ahmed a indiqué que les primes relatives aux heures supplémentaires s'élèveront à 450 DA au lieu de180 DA actuellement afin de «motiver davantage les enseignants». Les deux mesures pourraient, selon lui, venir à bout du problème qui s'est répercuté négativement sur les résultats pédagogiques du premier trimestre. Les nouvelles mesures devront être appliquées à partir du deuxième trimestre et une rencontre sera tenue durant les vacances d'hiver à cet effet, a ajouté M. Baba Ahmed. Les directeurs de wilayas de l'Education ont été destinataires de correspondances leur demandant d'effectuer des enquêtes pour «déterminer le nombre exact des enseignants manquants et informer le ministère», a encore souligné le ministre. Expliquant que le rappel des retraités constitue une solution «temporaire», M. Baba Ahmed a reconnu que des solutions définitives devraient être trouvées à moyen terme. Les répercussions de cette situation sont «dramatiques» sur le rendement des élèves. Toutefois, la récente décision du ministre a suscité le courroux des nouveaux diplômés universitaires qui s'estiment marginalisés. «Des milliers de jeunes obtiennent chaque année leurs diplômes au niveau des départements de langues étrangères. Il y en a même qui sont diplômés depuis quatre ou cinq ans et qui sont toujours au chômage, alors que le ministre veut rappeler des retraités. Quelle aberration», déplorent Saïd et Hakim, la trentaine, qui dispensent des cours d'anglais dans des écoles privées à Alger. «Nous n'avons aucun avenir ! Nous ne sommes même pas déclarés à la sécurité sociale. Que M. Baba Ahmed sache que nous sommes prêts à travailler dans n'importe quelle wilaya du Sud. Les retraités dont il parle, préfèrent donner des cours de soutien et ne seront jamais intéressés de réintégrer le secteur. La solution, ce sont les jeunes diplômés», lancent nos interlocuteurs, sur un ton de colère et d'amertume.
Certains parents d'élèves interrogés sur le sujet affichent aussi leur scepticisme quant au succès de l'initiative du premier responsable du secteur. «Il faut en finir avec ce bricolage. Nous avons besoin de solutions définitives et non pas de mesures temporaires. Que l'Etat débloque suffisamment de postes budgétaires au profit des jeunes diplômés car c'est l'avenir de nos enfants qui est en jeu», soulignent nos interlocuteurs.
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