Un championnat, une coupe et une super coupe. Le football militaire est organisé en bonne et due forme avec, en prime, une sélection nationale qui prend du grade en devenant l'une des meilleures au monde ces dernières années. Il faut dire que la balle ronde bénéficie d'un large soutien du service du sport militaire dirigé par le général Meguedad Benziane. Tout est mis donc en 'uvre pour que le football militaire n'ait rien à envier au championnat algérien et la Coupe d'Algérie dits «civils». Surtout que les différentes équipes des six régions militaires peuvent compter sur l'apport appréciable des appelés du Service national à l'instar de nombreux joueurs évoluant dans des clubs des deux paliers du foot national. Parmi ces «adhérents», on citera Mohamed Amroune qui a porté les couleurs du MC Alger et qui évolue actuellement au sein du NA Hussein Dey, Amine Maâziz, ex-belouizdadi ou encore Ogbi qui joue pour l'ES Sétif. Ces trois éléments évoluent tous en parallèle avec la formation du CRPESM de Ben Aknoun, triple détentrice de la Coupe d'Algérie militaire (2008, 2009,2010). On retrouve aussi l'équipe de la première région militaire (Blida) qui compte pas moins de 7 titres de Coupe d'Algérie en 41 éditions. La dernière Coupe d'Algérie militaire en date étant tout de même revenue, rappelle-t-on, à l'équipe du Commandement de la deuxième Région militaire (Oran) après sa victoire sur celle du quatrième Commandement régional de la Gendarmerie nationale de Ouargla (3-2) en finale le 1er mai dernier au stade 5-Juillet. Le 18 juin dernier, les vainqueurs de la Coupe d'Algérie ont disputé la supercoupe face à leurs homologues de la troisième Région militaire, qui avaient terminé en tête du championnat militaire de la saison 2012-2013. Le match a eu lieu au Centre de regroupement et de préparation des équipes sportivesmilitaires (CREPESM) de Ben Aknoun (Alger) pour la première fois. Dans un stade de football en gazon synthétique dernière génération répondant aux normes de la FIFA (90m/52m) qui a été inauguré 1 mois auparavant (le 9 mai dernier) à l'occasion de l'ouverture
officielle de la salle olympique omnisports du même centre.
Pour preuve, une académie...
C'était le 17 mars dernier, le directeur des sports militaires, le général Meguedad Benziane a lancé au CRPESM de Ben Aknoun, l'Académie des jeunes talents. Une initiative à méditer par les clubs de l'élite du football algérien qui ont délaissé la formation depuis belle lurette. Ce que n'a pas manqué de relever le général Benziane en cette occasion : «On a lancé cette Académie des jeunes talents afin de donner toute son acception à la formation qui a été jusque-là délaissée par ceux qui étaient chargés de lui donner ses lettres de noblesse. Avec des techniciens algériens, on fera la prospection et la formation de ces jeunes pour le bien du mouvement sportif national.» Parmi les 11 techniciens algériens chargés d'encadrer les plus de 300 jeunes concernés, on retrouve des internationaux à l'instar de Mohamed Kaci Saïd, Mohamed Kouici, Chaïb et autres, qui ont déjà évolué sous les couleurs de l'équipe nationale militaire avant d'évoluer avec la sélection «A» de 1982, qui avait écrit les plus belles pages du «jeu à onze» algérien. Pour ce qui est de l'accès au lieu de formation, M. Benziane avait affirmé qu'il sera ouvert à tous les jeunes du pays, mais prioritairement aux jeunes de l'ANP.
Ce sont nos structures qui prendront en charge la formation et la progression de ces jeunes. L'ensemble de l'Académie sera quant à lui dirigé par Belaïdi, un conseiller en sport, qui tentera de mettre sa grande expérience dans le secteur au profit des jeunes, qui seront peut-être les champions de demain et qui aspirent à porter haut les couleurs de l'Algérie dans les différents rendez-vous sportifs.
Quand les Fennecs deviennent les soldats du foot
Aussi anecdotique qu'il puisse paraître, le titre de champion du monde militaire illustre bien toute cette volonté de représenter l'Algérie de la meilleure façon qui soit à l'échelle internationale. C'est ce que le sport militaire a toujours tenté de faire à l'occasion des manifestations, continentales, régionales ou mondiales. Il y a deux ans, les poulains d'Abderrahmane Mehdaoui étaient partis ramener le titre de champion du monde au pays du Roi Pelé. A Rio, les camarades de Mohamed Amroune, auteur du but victorieux en finale face à l'Egypte (1/0), ont su tirer leur épingle du jeu grâce à un parcours héroïque où ils ont éliminé les Brésiliens, qui les avaient battus lors du premier tour, en demies mais surtout su préserver l'honneur algérien face aux Egyptiens lors d'une finale jouée sous très haute tension à l'époque, et ce n'est pas cette bagarre qui avait éclaté qui prouvera le contraire. Même si la compétition n'a rien à voir avec l'instance suprême du football mondial (FIFA), puisqu'elle est organisée sous l'égide du Comité International du Sport Militaire (CISM), certains n'hésitent pas à y participer quand ils sont appelés à le faire. Essaïd Belkalem, pièce maîtresse dans la défense de Vahid Halilhodzic a honoré sa sélection avec l'EN militaire malgré une longue et pénible saison avec son ancien club la
JS Kabylie, mais aussi avec les Verts puisqu'il avait disputé le 4e et 5e round des éliminatoires de la Coupe du Monde 2014, qui sera abritée par le Brésil l'été prochain. Le jeune défenseur kabyle a même fait l'impasse sur la reprise avec son nouveau club italien Udinese pour jouer sous les couleurs nationales militaires en Azerbaïdjan à l'occasion des Jeux mondiaux militaires. Avec tout le risque qu'il encourait, le tôlier kabyle a pris part au tournoi dans le but d'aider ses camarades à préserver leur titre acquis il y a deux ans. Solide leader de la poule «B», où elle avait étrillé au score coup sur coup le Kenya (3-1), et la France (4-1) après avoir été accroché par le Qatar lors du premier tour, l'Algérie a dû finalement s'incliner face à l'Irak en quart de finale sur le score de 2 buts à 1. Une sortie «assez prématurée» que les champions du monde en titre mettent sur le dos de l'officier, l'homme en noir, de la rencontre qui avait obligé les capés de Mehdaoui à finir le match à dix en expulsant Amroune Mohamed et validant le but irakien alors qu'il y avait une position illicite claire.
Des détails qui ont donc empêché nos «soldats» d'aller au bout de leur mission. Cependant, l'équipe nationale militaire a permis à certains de découvrir l'incroyable sensation et l'honneur de jouer une compétition planétaire même si le prestige n'a rien à voir avec le plus grand rendez-vous quadriennal du football qu'est le Mondial. H'mimed Tafat (CR Belouizdad), Aymen Madi (JS K abylie) ou encore Ogbi (ES Sétif) ont porté pour la première fois les couleurs nationales dans le concert des nations. C'est le même chemin qu'ont suivi les joueurs de la génération 75 qui avaient remporté les Jeux Méditerranéens face à la France ou encore celle de 1982 des Madjer, Assad et Belloumi qui ont endossé le maillot de la sélection militaire avant de briller lors du Mondial espagnol. A l'époque la sélection militaire était un véritable tremplin.
M. T.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Touileb
Source : www.latribune-online.com