Habib Yousfi s'est indigné contre la marginalisation des petites et moyennes entreprises des commandes publiques
Selon des patrons algériens, le gouvernement continue de privilégier les entreprises publiques dans l'octroi des marchés publics et les entreprises étrangères.
Le patronat est en colère contre le gouvernement. Il dénonce sa marginalisation dans l'octroi des marchés publics. Des patrons membres du Forum des chefs d'entreprise (FCE), réunis mercredi dernier à Alger, ont été critiques envers la politique économique du Premier ministre. Les chefs d'entreprise ne cachent plus leur déception. Cinq mois après la désignation de M.Sellal à la tête de l'Exécutif, ils constatent qu'il n'y a eu aucun changement sur le terrain. Selon eux, le gouvernement continue de privilégier les entreprises publiques dans l'octroi des marchés publics et les entreprises étrangères. Une situation qui dérange sérieusement les patrons privés. Ces derniers disent qu'ils ne comprennent pas l'attitude du gouvernement.
Alors que le gouvernement déclare qu'il veut encourager l'entreprise algérienne, sur le terrain, il n'y a rien de concret. «Le gouvernement dit qu'il veut encourager l'entreprise algérienne, mais en réalité, il fait le contraire, surtout avec l'entreprise privée», témoigne un opérateur qui active dans le bâtiment. «Le gouvernement préfère travailler avec le secteur public parce qu'il peut le contrôler et avec les étrangers, qui ne représentent aucun risque politique. Il ne veut pas favoriser l'émergence d'un secteur privé puissant, capable de constituer la locomotive de l'économie nationale», précise-t-il. Même son de cloche tiré trois jours auparavant par le président de la Confédération générale des entreprises algériennes Cgea.
Habib Yousfi qui s'exprimait dimanche dernier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, s'est indigné contre la marginalisation des petites et moyennes entreprises des commandes publiques. «Les entreprises privées du secteur du bâtiment sont en ébullition», a-t-il averti. Face à cette situation, M.Yousfi prévient que les entreprises ont le choix entre la dissolution ou l'informel.
M.Yousfi affirme qu'il comprend le souci du gouvernement, les motivations des pouvoirs publics qui veulent accélérer la cadence des travaux pour répondre à la forte demande de logement, mais pour lui, ce n'est pas une raison pour mettre à l'écart des entreprises privées. Contrairement à ce que pense le gouvernement, M.Yousfi estime que les entreprises privées peuvent apporter leur contribution à la réalisation du programme de 1,5 million de logements.
«Les entreprises privées sont prêtes à participer, elles attendent juste le signal», a-t-il affirmé en précisant qu'elles sont même favorables à se constituer en groupement avec des entreprises publiques. La sortie médiatique du FCE et la Cgea s'effectue dans le même temps. Pourquoi ce revirement de position' Cela explique-t-il la fin de lune de miel entre les deux parties' Il y a juste quelques semaines, le patronat saluait la démarche du gouvernement qui les associait au dialogue sur la mise en place d'une nouvelle stratégie industrielle. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait invité le patronat a un dialogue à peine un mois après sa désignation à la tête du gouvernement. Les chefs d'entreprise ont même applaudi les premiers pas du gouvernement de Abdelmalek Sellal.
Le nouveau ministre de l'Industrie, Chérif Rahmani, a reçu les organisations patronales avant même les syndicats! «On est loin de l'esprit de la tripartite. C'est un dialogue constructif, constant et régulier. Cela tranche avec le gouvernement précédent», avait fait remarquer Réda Hamiani, président du Forum des chefs d'entreprise (FCE).
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadia BENAKLI
Source : www.lexpressiondz.com