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Les rendements oléicoles s'annoncent en deça des objectifs



Les rendements oléicoles s'annoncent en deça des objectifs
Soumise au phénomène de l'alternance entre bonne et mauvaise année, la filière oléicole n'arrive toujours pas à prendre son envol et à jouer pleinement son rôle dans la création de richesses et la promotion des exportations hors hydrocarbures.Le caractère extensif de cette culture, la persistance des pratiques caduques, le manque d'entretien et le faible recours aux nouvelles techniques expliquent ce phénomène de l'alternance accentué par les variations climatiques, lesquelles ne sont pas aussi sans impact sur les rendements de la filière. Un impact qui se fait ressentir en cette fin de campagne de trituration.L'heure est d'ailleurs au bilan. Les premiers indicateurs régionaux annoncent des résultats en baisse par rapport à ceux de la campagne 2014-2015. Ainsi, l'on s'attend à une production en dessous des 6, 4 millions de quintaux enregistrés l'année dernière, même si du côté du ministère de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche l'on table sur 6, 7 millions de quintaux. Mais le phénomène de l'alternance n'est pas le seul facteur à l'origine de l'instabilité de la production. Les reliefs accidentés sur lesquels se situe le peuplement oléicole, l'abandon des exploitations familiales, le déficit en main-d'?uvre et l'exode rural entravent l'essor de la filière.L'informel plombe la filièreUne situation aggravée en aval par la domination de l'informel dans le circuit de la commercialisation. Que ce soit pour l'olive ou l'huile d'olive, la vente se fait dans de nombreux cas au noir. Sinon, comment expliquer le conditionnement de l'huile dans des bidons usagés pour être exposés à la vente sur les routes nationales, comme c'est le cas sur la route nationale 26 reliant Alger à Béjaïa.Les marchands informels qui achètent le produit directement des huileries se font d'ailleurs remarquer sur l'autoroute Est-Ouest. Ils vont à la recherche de clients potentiels, loin de tout contrôle. Cela pour dire que de l'amont à l'aval, l'oléiculture enchaîne les dysfonctionnements. Une situation que le MADRP cherche à contenir à travers un programme spécifique visant à faire de l'oléiculture une activité économique génératrice d'emplois. Le programme en question mise sur l'augmentation de la productivité et la qualité de l'huile d'olive, la technologie et l'étude des méthodes les plus modernes d'industrialisation et de gestion par l'implantation d'unités modernes d'extraction de l'huile d'olive.IntensificationIl porte notamment sur la plantation de 39 millions d'arbres. Dans ce cadre, les services agricoles des 48 wilayas ont mené une campagne de sensibilisation. Ainsi, de nouveaux espaces oléicoles ont vu le jour à l'Est et au sud du pays. Les superficies réservées à l'oléiculture sont passées à la faveur de ce programme d'intensification de 150 000 hectares en 1999 à 450 000 hectares en 2015, selon le ministère de l'Agriculture dont l'application de nouvelles normes basées sur des techniques modernes dans le but d'améliorer la production qualitativement et quantitativement dont la perspective d'exportation reste son cheval de bataille. Présidant en décembre dernier une rencontre d'étude organisée par l'association nationale de promotion oléicole, M. Ferroukhi a appelé les producteurs oléicoles à veiller à la promotion du produit selon les exigences du marché extérieur.«La nouvelle donne économique nationale nécessite la mobilisation de tous, la diversification des ressources et l'investissement», avait-il noté. Mais quid du marché interne ' Car, à ce niveau, ce n'est pas la joie pour le consommateur qui paye son litre d'huile d'olive entre 650 et 800 DA sur le marché informel. La volonté d'introduire le produit national sur le marché extérieur relègue-t-elle ainsi l'intérêt du consommateur algérien au second plan ' Une question qui s'impose sachant que la consommation d'huile d'olive en Algérie en dépit de ses vertus est la plus faible à l'échelle méditerranéenne.Le prix, une contrainte à la consommationL'Algérien consomme, en effet, selon l'Institut technique de l'arboriculture et de la vigne (ITAV), 1,5 litre d'huile d'olive par an et par habitant, et ce, depuis 2009 alors qu'auparavant cette consommation était de 0,5 à 1 litre par habitant et par an. Des chiffres qui sont bien loin de la moyenne de consommation en Méditerranée qui se situe, à titre indicatif, autour de 8 à 10 litres par habitant. La baisse du pouvoir d'achat, parallèlement à la hausse du prix de ce précieux produit, a fait que beaucoup de familles algériennes, notamment dans les grandes villes, ont abandonné l'achat de cette huile. Le prix de l'huile est d'ailleurs considéré comme une contrainte à la consommation.«Je ne peux pas me permettre d'acheter régulièrement un litre d'huile d'olive à 800 DA. Je le fais rarement. C'est trop cher par rapport à nos revenus. Même le beurre n'est pas à notre portée», regrette une mère de famille qui poursuit : «Je mets généralement une petite somme d'argent de côté pour l'achat de cinq litres chaque début d'année et je rationalise son utilisation. Une fois la quantité achetée épuisée, je me contente d'utiliser l'huile de table.»Elle n'est pas la seule à opter pour ce plan. Ils sont nombreux à adopter cette pratique, alors que d'autres se privent carrément d'huile d'olive, se contentant de consommer les olives beaucoup plus accessibles et en s'interrogeant : «Quand est-ce que l'on pourra payer l'huile d'olive à son juste prix à des conditions répondant aux normes, comme c'est le cas ailleurs '» La question reste posée en attendant les résultats du programme d'intensification du MADRP '


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