Alger - Revue de Presse

Les rappels du ministre Barkat, la semoule et les «intellectuels de salon»



«Il n'y aura pas d'augmentation des prix du blé, du lait et de la farine et l'Etat continuera à soutenir ces produits à large consommation, dans toutes les circonstances ». C'est ce qu'a répété hier, plusieurs fois, le ministre de l'Agriculture Saïd Barkat, en insistant pour dire, qu'« il ne s'agit ni de populisme, ni de patriotisme ». Le ministre de l'Agriculture a saisi l'occasion d'une réunion tenue au sein de son département, réunissant les cadres de son secteur pour l'évaluation de l'état de mise en oeuvre du Plan national de développement agricole et rural (PNDAR), pour répondre à des critiques sévères émanant de ceux qu'il a qualifié « d'intellectuels de salon ». Il a précisé que le soutien des produits de base est une politique adoptée partout dans le monde et que l'Algérie ne fait pas l'exception. En précisant, la différence est seulement dans les formes de soutien. « Certains suppriment les taxes douanières sur les importations, d'autres octroient des subventions aux producteurs ainsi de suite, notamment dans des moments de crise », a-t-il expliqué. Implicitement, le ministre de l'Agriculture a répondu aux dernières déclarations de Ouyahia qui avait estimé que la dernière décision prise par le gouvernement pour la subvention du prix de la semoule « n'est pas judicieuse ». Il avait même déclaré que son parti, contrairement au FLN ne fait pas dans le populisme en proposant des solutions urgentes pour faire face à la flambée des prix de la semoule, de l'huile et d'autres produits. Le ministre de l'Agriculture est allé plus loin. Barkat a fait une mise au point à la fois à ceux qui ont critiqué la politique de soutien et ceux qui ont critiqué la politique agricole, notamment dans la production des céréales, la production de la pomme de terre et le développement de la filière lait. « Si nous avons opté pour la conversion de certains champs de céréales à l'arboriculture, c'est pour protéger certains zones fragiles de l'aridité : labourer à plusieurs reprises des zones sensibles non rentables avec le soutien de l'Etat, cela entraîne l'aridité automatique des sols, des pertes pour l'agriculteur et pour le trésor », a —t-il expliqué. Et d'ajouter : « il faut que ces intellectuels de salon sachent que notre politique de développement est basée essentiellement sur l'économie de l'eau, la préservation des sols de l'aridité et enfin, sur la production locale ». Et d'insister : « nous continuerons notre programme selon la même logique. Nous assumons et nous persistons ». Une question se pose. Où est passée cette productivité sachant qu'aujourd'hui, l'Algérie est dépendante de l'importation pour la grande partie des produits agricoles ? Le ministre répond en faisant des comparaisons de l'année 2000 jusqu'à 2007. « Nous sommes passés de 10 millions de quintaux de céréales par an, en 2000, à 23 millions de quintaux en 2005, aujourd'hui l'Algérie produit 43 millions de quintaux grâce au PNDAR », a-t-il argumenté. Et d'ajouter : « avec un stock, que je dirai conséquent au niveau de l'OAIC », a-t-il souligné. Le ministre déclare : « ces intellectuels de salon ont oublié que le monde entier subit des pressions en raison des changements climatiques et des changements géopolitiques et économiques qui pèsent lourdement sur la politique des prix ». Par ailleurs, le ministre n'a pas nié que le secteur de l'Agriculture n'a pas atteint tous les objectifs tracés notamment sur la question de l'autosuffisance. Saïd Barkat a reconnu indirectement qu'il y a des failles, notamment dans le contrôle et le suivi des aides et des subventions accordées aux agriculteurs. LE SOUTIEN AUX CEREALIERS SE FERA EN AVAL
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