Le tout nouveau film du réalisateur algérien Ali Mouzaoui vient d'être projeté à la presse. Celui-ci surprend, cette fois-ci, avec une très belle ?uvre cinématographique brillamment accomplie.
Les ramiers blancs fera certainement parler de lui. C'est un long métrage plein de scènes émotionnelles très fortes, ficelées de la plus belle manière par le réalisateur, qui a déjà fait ses preuves dans plusieurs longs métrages en kabyle. Le film, du genre tragédie grecque, plonge dans la période post-indépendance du pays. C'est l'histoire d'un père qui part à la recherche de son seul fils, Moussa (joué par Boubaker Cheurfi) qui prit les armes durant la guerre, et n'ayant pas donné signe de vie depuis. C'est un long périple qui le mène à travers les villages kabyles, jusqu'à atteindre les portes du désert. La recherche vaine du père, l'attente atroce de la mère et de la fiancée de Moussa ne désespèrent pas pour autant. De cette longue attente est née la colère qui va jusqu'à menacer de maudire les saints patrons.
Un bon casting
Le récit se décline en deux temps parallèles : la Guerre de libération nationale et la période postindépendance du pays. La transition entre les deux époques se fait de manière subtile et artistique à ne jamais faire perdre le fil au spectateur. Le film ne met pas en évidence un héros principal, mais plutôt une situation dramatique, sans pour autant tomber dans le misérabilisme. C'est le défi relevé par le réalisateur. Les ramiers blancs aborde plein de sujets, et met également en évidence l'apport de la femme durant la Guerre d'indépendance, et le rôle important qu'elle a joué. Le film est plein de symboles très expressifs et répandu en Kabylie : bougies, saints patrons, sacrifices de boucs, miroirs et plein d'autres signes qui donnent un cachet culturel propre à la société kabyle d'antan. Ce long métrage montre également de magnifiques images prises dans les différents endroits de tournage, notamment en Kabylie et dans le désert algérien. La réussite du film est également due au casting et au choix judicieux d'Ali Mouzaoui. Celui-ci a fait appel à une belle brochette de professionnels. Le rôle principal a été interprété par une figure emblématique du cinéma kabyle, en l'occurrence Mohand Chabane. Celui-ci n'est autre que l'acteur principal du long métrage La Colline Oubliée de feu Abderrahmane Bouguermouh. Un film qui a marqué les esprits à son époque. Mohand Chabane, qui revient de loin après des années d'absence, a donné une épaisseur à son personnage à travers son talent qui ne perd pas une once depuis La Colline Oubliée. Le rôle de Ouiza, son épouse, a été interprété par Hadjira Oubachir. L'autre carte gagnante n'est autre que Dahmane Aïdrous. Un autre acteur des plus connus du cinéma amazigh. Ce long métrage a permis également de faire émerger de jeunes et talentueux acteurs tels que Boubeker Cheurfi, Ali Asli et les deux jeunes actrices Dalila Harim et Innas Loukab. Cette dernière a, enfin, eu la chance de prouver son talent dans une ?uvre cinématographique sérieuse, menée par de vrais professionnels, après avoir pataugé dans des «produits» télévisuels de bas niveau.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki Ibersiene
Source : www.letempsdz.com