Analyse - Manque de matériel, des prestations qui laissent à désirer, absence totale d''hygiène' sont, entre autres, les principales causes de ce manque de confiance dans les structures de santé publique.
«On accuse souvent les médecins d'être à l'origine de tous les problèmes que connaît le secteur de la santé ces dernières années. La santé ne se résume pas aux médecins car pour que ces derniers puissent exercer leur travail, il faut qu'un certain nombre de conditions soient réunies. Or, au sein de certaines structures de santé publique, même les grands hôpitaux à Alger, il y a un grave déficit en matériel médical», nous dit un jeune médecin, sous le couvert de l'anonymat. Si, par miracle, au niveau de certains hôpitaux le matériel est disponible, il est souvent' en panne. Les scanners sont presque inexistants dans d'autres.
C'est pareil aussi pour de nombreux autres équipements médicaux : radiographies, mammographies, IRM, échographies, endoscopies... Pis encore, certaines structures de santé disposent, parfois, de matériel neuf ayant coûté des sommes faramineuses, mais qui n'est pas utilisé.
La raison ' On ne dispose pas de suffisamment de personnel qualifié et formé pour l'utilisation de ces équipements médicaux. Résultat : les malades se trouvent pénalisés et se rabattent le plus souvent sur le privé pour effectuer leurs examens à des prix excessivement élevés. A en croire le ministre de la Santé, 73 000 équipements médicaux sont disponibles au niveau des hôpitaux, dont 10 000 de haute qualité, mais' non utilisés et 5 000 autres'en panne ! L'autre raison, et non pas des moindres, qui fait que les structures de santé publique sont «rejetées» par les Algériens, concerne les prestations qui laissent à désirer. L'accueil et la prise en charge des malades sont et demeurent le maillon faible de nos structures de santé. Pourtant le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière ne cesse de répéter que «l'humanisation des conditions d'accueil des malades dans les hôpitaux est l'une des priorités du secteur».
Pour M. Ould Abbès, «notre pays, qui a des compétences médicales de haut niveau, dispose de moyens importants à même d'assurer des soins de qualité à toute la population sans exception !» Mieux encore, «l'Algérie est en tête des pays maghrébins dans la prise en charge de la santé des citoyens». Ce n'est, certainement pas, l'avis de ces millions d'Algériens qui n'ont pas assez de piston «maarifa», pour bénéficier de ces soins de «qualité».
Il faut dire que les discours de tous les ministres qui se sont succédé à la tête de ce secteur sont en complète contradiction avec la réalité. Après cinquante ans d'indépendance, et malgré les budgets faramineux alloués à ce secteur, 280 milliards de dinars dans le cadre du programme quinquennal 2010-2014, l'accès aux soins demeure toujours difficile pour la grande majorité des Algériens. Le ministre de la Santé a annoncé que 1 000 structures de santé entre CHU, hôpitaux, centres de santé, laboratoires'seront réalisés d'ici à 2014. Mais à quoi bon construire des structures de santé dépourvues du matériel nécessaire et du personnel spécialisé '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com