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Les raisons du malaise



Les raisons du malaise
La situation de l'usine demeure problématique, car aux équipements vétustes se conjuguent les sureffectifs, pour ne parler que de ces paramètres.Une semaine après, la tension est toujours présente à Rouiba où les travailleurs de la Société nationale des véhicules industriels (Snvi) ont entamé, lundi 31 octobre, une grève pour protester contre le retard dans le versement de leurs salaires. Les ouvriers avaient alors donné libre cours à leur colère, malgré les tentatives de la direction qui les a informés que le virement aurait lieu dans la soirée. Partant du fait que le 1er Novembre était férié et prenant en considération la menace de grève agitée par les travailleurs de la poste pour une durée de quatre jours, les ouvriers de la Snvi ont décidé de débrayer pour protester contre un retard devenu récurrent depuis presque une année. En effet, ils avaient, en décembre 2015, fermé la route reliant Rouiba à Alger pour exiger le paiement de leurs salaires et des affrontements avaient opposé les manifestants aux forces antiémeute de la Gendarmerie nationale, faisant plusieurs blessés. Heureusement, cela n'aura pas été le cas, cette fois-ci, même si les exigences du syndicat s'étaient quelque peu durcies au cours des dernières 48 heures puisqu'il ne s'agit plus seulement de réclamer le paiement des salaires, mais également le départ de l'actuelle direction. Une exigence d'autant plus incompréhensible que la situation de l'usine reste problématique, malgré le plan de refonte assorti d'une recapitalisation décidé par le gouvernement pour tenter de relancer cet ancien joyau de l'industrie automobile nationale. La situation d'ensemble de l'usine n'en demeure pas moins problématique, car aux équipements vétustes se conjuguent les sureffectifs, pour ne parler que de ces paramètres et la gestion paraît inextricable eu égard à la somme de difficultés à laquelle la Snvi est confrontée depuis plusieurs années, malgré un carnet de commandes fort appréciable, mais auquel elle est incapable de répondre, faute de moyens matériels adéquats. Le plan de redressement initié dernièrement par le ministère de l'Industrie ne semble pas avoir eu les effets escomptés et les travailleurs s'interrogent, non sans une sourde appréhension, sur leur propre devenir, ce qui risque à plus ou moins brève échéance de relancer la revendication en ces temps de tension sociale inhérente aux effets de la crise pétrolière qui frappe de plein fouet Hier, on apprenait que les syndicalistes de la Snvi, réunis au siège de l'union locale de Rouiba, auraient convenu de «sensibiliser les travailleurs à une reprise du travail», sorte de gage de bonne foi dans l'attente de la prise en charge de leurs «revendications». Sauf que celles-ci comportent des exigences telles que le départ de tous les cadres dirigeants de l'entreprise, quand la direction générale a déjà saisi le tribunal de Rouiba et que celui-ci a renvoyé, sur l'illégalité de la grève, sa décision pour aujourd'hui. Une chose est sûre, les 10 000 travailleurs et leurs 500 représentants syndicaux sont aux abois et n'attendent plus qu'une solution à la question de la paie bloquée. En attendant, la Snvi continue de crouler sous les dettes qui ont culminé un temps à 1,5 milliard de dollars avant que l'Etat ne prenne les mesures nécessaires à travers des plans de redressement qui semblent impuissants face au handicap majeur des sureffectifs et de l'absence des moyens, malgré un carnet de commandes conséquent comme les 1 200 autobus acquis par le secteur des transports en 2011 pour l'ensemble des établissements de transport urbain et suburbain du pays.
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