Motivation - Le principal facteur des ventes record des voitures dépourvues de tout équipement de sécurité, est leur prix abordable.
Les concessionnaires automobiles qui commercialisent des voitures sans équipements de sécurité, ne font pas, il faut le reconnaître, dans l'arnaque, puisque toutes les spécificités techniques du véhicule sont mentionnées sur les fiches techniques. La première responsabilité incombe, donc, aux consommateurs qui ne sont pas assez exigeants. Il y a aussi le prix de ces véhicules qui est à la portée d'une grande partie des citoyens, essentiellement les jeunes. Entre une voiture dotée d'airbags, de systèmes ABS et ESP, et les autres, la différence de prix se situe entre 200 000 et 400 000 DA, voire plus. Des sommes hors de portée des bourses moyennes. Certains avouent être conscients de l'importance des équipements de sécurité, et expliquent que le recours aux voitures communément appelées «hatba» (morceau de bois), se fait en fonction de leurs moyens financiers. «Pour économiser 140 millions ou plus pour acheter une voiture dotée d'ABS, de deux airbags et ESP, il faut travailler jour et nuit et serrer la ceinture au maximum. Nous savons bien que ce type de voitures n'est pas du tout performant en matière de sécurité, mais nous sommes condamnés à acheter ces véhicules car tout simplement ils sont à notre portée», affirment des citoyens interrogés. La suspension du crédit à la consommation, en 2009, a également eu un effet «dévastateur» pour la classe moyenne confrontée ces dernières années au double défi de subvenir aux besoins élémentaires (nourriture, habillement, frais d'électricité, de gaz, d'eau...) et d'acquérir un véhicule pour ses déplacements. D'ailleurs, les fonctionnaires représentent l'écrasante majorité des citoyens qui acquièrent des voitures défaillantes en termes de sécurité. «Un fonctionnaire n'a d'autre choix que de s'aventurer à acheter ces modèles de voitures, surtout que certains concessionnaires ont introduit la facilitation de paiement. Nous aurions aimé que le gouvernement maintienne les crédits à la consommation, surtout que le pays dispose d'une importante manne financière, mais les hauts responsables ont décidé de s'acharner sur les employés dont les salaires ne sont même pas suffisants pour satisfaire les besoins élémentaires de la vie. La voiture est aussi devenue indispensable, ce qui nous pousse à agir selon nos moyens, même en étant conscients des effets préjudiciables de ces carences», regrettent des fonctionnaires dans des administrations publiques à Alger. En outre, une partie des Algériens n'accorde aucune importance aux équipements de sécurité et essaie d'acquérir des voitures à bon prix quelles qu'en soient les conséquences. Cette partie de citoyens considère naïvement que l'accident, les graves blessures et la mort relèvent de la fatalité. «Quand on conduit prudemment et qu'on respecte le code de la route, il n'y a aucun risque. Et quand un accident arrive, c'est le destin qui l'aura voulu. Il y a des gens à bord de voitures haut de gamme qui périssent, alors que d'autres, conduisant des petites voitures, s'en sortent indemnes. Tout est question de mektoub», répondent certains jeunes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A H
Source : www.infosoir.com