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les raffineries d'Alger et Skikda pointées du doigt Rapport du Parlement français sur la pollution de la Méditerranée



Conduite par le sénateur socialiste, Roland Courteau, une Commission parlementaire française, regroupant des membres des deux chambres, Assemblée nationale et Sénat, a mis au point un rapport peu réjouissant sur la pollution de la Méditerranée.
Ce «rapport sur la pollution de la Méditerranée : Etat et perspectives à l'horizon 2030» qui vient d'être déposé au bureau du Sénat pour débat, dresse un constat sévère sur la situation de la grande bleue, mais aussi accable encore plus les gouvernements des pays du sud de la Méditerranée auxquels il est reproché des défaillances dans la gestion des politiques environnementales.
Dans le cas de l'Algérie, le rapport en question pointe du doigt l'industrie pétrolière et les risques de pollution qu'elle induit sur la mer. Il y est mentionné, à titre indicatif, «une mention spéciale peut être décernée à l'exploitation et à la transformation des hydrocarbures.
Le rapport précité de l'Agence européenne de l'environnement pointe la situation de l'Algérie, qui est le principal pays producteur de pétrole de la région : rejets de 10 000 t/an dus a des fuites d'exploitation en mer, rejets de boues toxiques provenant des raffineries d'Alger et Skidda et qui se concentrent dans les sédiments portuaires de ces villes». Les membres du parlement français étayent ainsi leur constat par les résultats qui ressortent des enquêtes menées auparavant par l'Agence européenne de l'environnement qui, «par exemple en Algérie, rappelle que 39 barrages riverains retiennent 9 millions m3 de sédiments par an».
Outre l'industrie pétrolière qui est considérée comme étant un facteur majeur de prolifération de la pollution dans le bassin méditerranéen, le rapport du parlement français note également les retombées de l'urbanisation intensive des villes du littoral. A ce niveau, l'Algérie apparaît également parmi les pays de la région où les risques de pollution sont élevés. Il y est noté à cet égard : «Il en est de même des barrières d'enrochement installées pour protéger les plages et qui déplacent les courants. On doit aussi citer ' en relation avec l'urbanisation du littoral ' les extractions légales ou illégales de sable pour les besoins de la construction (le cas de l'Algérie est cité dans le rapport précité de l'Agence européenne de l'environnement)».
L'Algérie est aussi parmi les pays méditerranéens les moins dotés en stations d'épuration : «Au niveau régional, il existe une différence marquée entre la rive Nord et la rive Sud. Au Nord, seules 11% des villes de plus de 10 000 habitants n'ont pas de réseaux d'épuration, au Sud ce pourcentage atteint 44%, la situation de l'Algérie paraissant particulièrement préoccupante».
Population en hausse de 51%
Pour ce qui est de l'évolution démographique dans le bassin méditerranéen, les données font apparaître que, sur 30 ans, de 1970 à 2000, la population d'ensemble des pays riverains a crû fortement, de 285 millions à 427 millions d'habitants, soit 50% au total dont 14% pour les pays de la rive Nord et 101% pour les pays des rives Est et Sud. Cependant, deux phénomènes méritent d'être mis en évidence : la littoralisation et l'urbanisation.
Pour ce qui est de la tendance à la littoralisation de la population méditerranéenne, sur la période 1970-2000, les populations côtières de chaque grand ensemble ont connu des taux d'accroissement proches de ceux de l'ensemble de la population des pays considérés. Au total, ces populations sont passées de 96 millions d'habitants à 145 millions, soit 51% d'augmentation dont 17,2% pour la rive Nord et 84% pour les rives Est et Sud. Concernant l'évolution de l'urbanisation, il a été constaté qu'un développement accéléré des villes a accompagné la tendance à la littoralisation dans le bassin méditerranéen : «Ce mouvement de littoralisation s'est accompagné d'une croissance des implantations urbaines».
Suivant les sources précitées, la population urbaine côtière ' mesurée par les agglomérations de plus de 10 000 habitants a également progressé : «de 41 millions en 1970 à 51,1 millions en 2000 pour la rive Nord et de 19 millions à 48,5 millions pour les rives Sud et Est». Au total, en 2000, la population urbaine des régions côtières atteignait 99,5 millions sur 145 millions, soit 68%. Un autre trait de ce développement urbain est la constitution progressive de mégapoles de dimension européenne. Il faudra noter à cet égard que les rives de la Méditerranée comprennent 85 villes dont la population évolue entre 300 000 et un million d'habitants et 601 villes de plus de 10 000 habitants.
Pour la seule Turquie, une douzaine de villes de plus d'un million d'habitants y sont dénombrées. Ce n'est pas nouveau que la pollution de la Méditerranée suscite des préoccupations et occupe la scène politique régionale. Preuve en est, l'inscription du projet de la dépollution de la grande bleue au chapitre des priorités de la fameuse Union pour la Méditerranée lancée par l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, au lendemain de son élection à l'Elysée en 2007. En revanche, c'est la tendance de la classe politique européenne à imputer la pollution de la Méditerranée aux seuls pays de la rive sud risque de s'avérer infondée lorsque l'on sait qu'en termes de pollution industrielle, les pays européens détiennent la palme.
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