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Les pyromanes et les pompiers LA CRISE S'AGGRAVE AU NORD DU MALI



Les pyromanes et les pompiers                                    LA CRISE S'AGGRAVE AU NORD DU MALI
Reçu par le président Bouteflika, l'envoyé spécial du chef de l'Etat de la Côte d'Ivoire déclarait, il y a à peine 48 heures, qu'une solution à la crise malienne ne se fera pas sans l'Algérie. Des propos qui soulignent le rôle prépondérant de l'Algérie dans cette crise. Cette position de l'Algérie a été rappelé par l'ensemble des responsables occidentaux et africains qui ont défilé à Alger depuis ces derniers jours.
Dans ce même contexte, Alistair Burt, ministre britannique chargé du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, a souligné, lors d'une conférence de presse animée à Alger, il y a deux jours, que le recours à la force sera l'ultime solution.
La France, qui vient de nommer un envoyé spécial pour le Sahel, refuse d'intervenir directement sans l'accord du Conseil de sécurité et des pays de la Cédéao. C'est dans ce seul cadre que l'Hexagone se dit prêt à assister les 3000 soldats que compte mobiliser la Cédéao. Cependant, pour le moment il semble que le Conseil de sécurité est «prêt à étudier la requête». L'ambition fiévreuse des voix favorables à une intervention vient de buter sur l'intransigeance de l'Algérie qui plaide plutôt pour une solution diplomatique négociée. Surtout que depuis ces derniers jours, les parties en conflit ont manifesté une prédisposition à s'engager dans des négociations. Un émissaire burkinabé se trouve depuis hier à Alger dans le but d'informer ses homologues algériens des derniers développements connus par l'opération de médiation que mène son pays. Pressé de trouver une solution au problème des otages, le président François Hollande ne semble pas avoir beaucoup de choix ni de temps d'ailleurs pour évacuer cette question de son agenda. Les partisans d'une intervention militaire étrangère au Mali l'acculent de façon franche en tentant par tous les moyens de le convaincre de l'opportunité d'une opération en terre étrangère. A l'inverse, l'Algérie qui a aussi des otages au Mali, accorde une attention particulière à l'impact qu'aura une «guerre limitée dans le temps et l'espace» sur une population malienne prise en otage par une multitude de groupuscules armés. Il y a aussi l'aspect stratégique que Paris semble privilégier et dont les objectifs ne sont pas entièrement partagés par l'Algérie qui se considère à juste titre comme une partie prenante essentielle dans la région. Mieux imprégnés des réalités maliennes, les Algériens ne sont pas près d'abandonner la partie face au péril présenté par une intervention étrangère qui risque d'aggraver la situation dans une région qui pourrait s'embraser à la moindre provocation provenant de l'extérieur. Une crise humanitaire inquiétante sévit dans la partie Nord du Mali où des milliers de personnes ont fui l'insécurité dans cette région sous contrôle de groupes armés depuis le putsch du 22 mars dernier.
«Les habitants de cette région malienne sont confrontés à une situation très mauvaise», a noté dans un communiqué publié mardi, le président de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (Cicr) pour le Mali et le Niger, M.Nicolas Marty. Selon M.Marty, la majorité des activités économiques sont à l'arrêt dans les villes du Nord malien, où des milliers de personnes ont besoin d'aides alimentaires, de médicaments et autres moyens de vivre.
Cette crise humanitaire est exacerbée par l'insécurité et les violences armées ayant provoqué aux habitants locaux des conséquences «très inquiétantes». Le Cicr a expliqué que la prise de contrôle du Nord malien par les rebelles du Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla) et d'autres groupes armés, ainsi que la crise alimentaire sont à l'origine d'une situation inquiétante.
Instruite sur les éventuelles défaillances que pourrait causer une intervention militaire comme ce fut le cas en Somalie où la situation n'a guère évolué dans le sens voulu par les puissances occidentales, l'Algérie voudrait éviter à la région du Sahel un remake de la crise somalienne avec ses conséquences désastreuses. A l'heure actuelle, le point de vue algérien est largement partagé par les USA et certains pays africains dont le Burkina Faso. Ce qui nous laisse croire que le rapport des forces est encore favorable aux partisans d'une solution politique et négociée entre les différentes parties belligérantes. L'Etat malien fragilisé, risque toujours la dislocation et son territoire est sous la menace d'une partition synonyme d'anarchie et d'insécurité, sans compter les retombées humanitaires que cela pourrait engendrer. Soucieuse de préserver les équilibres précaires qui existent actuellement sur le terrain, l'Algérie n'a aucun intérêt à laisser faire les autres sans son consentement. Elle possède la légitimité géographique qui l'autorise à parler en connaissance de cause. Les Français le savent, mais ne perdent pas espoir que cette attitude algérienne pourrait changer à l'ombre des coulisses.
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