Alger - Revue de Presse

Les producteurs en appellent à l'Etat Lait cru, marché noir et «besnassa»

Les producteurs de lait cru ont appelé, hier, à une revalorisation immédiate du soutien au lait, de 7 DA le litre actuellement, à 33,25 DA pour sauver cette activité de l'asphyxie. Les éleveurs présents à la journée nationale du lait cru organisée au CFPA de Misserghine, à Oran, étaient unanimes sur l'urgence d'une révision à la hausse du soutien de l'Etat à la profession qui fait face, ces dernières années, à d'énormes difficultés (cherté des aliments de bétail, manque du foncier agricole, problèmes de collecte...) «Pourquoi l'Etat subventionne la poudre de lait importée à 20 DA, alors que le litre de lait cru local est subventionné à hauteur de 7 DA, au maximum?», se sont interrogés des éleveurs. Le président de l'association des éleveurs producteurs de lait cru a estimé, à ce propos, que pour chaque litre de lait cru les éleveurs accusent une perte sèche de 16,66 DA, ce qui les «contraint», aujourd'hui, à écouler leurs productions sur le marché parallèle. Une option qui n'est pas sans risque pour la santé des consommateurs, puisque le lait cru échappe ainsi à tout contrôle de la qualité, avertit le représentant des éleveurs. Le lait cru est un vecteur de transmission de maladies graves comme la tuberculose et la brucellose. L'étude présentée par l'association des éleveurs et producteurs de lait cru souligne que les investissements nécessaires pour sauver cette activité sont estimés à 433 milliards de dinars sur la période de 2008 à 2014. La part du soutien de l'Etat doit s'élever, selon l'association, à 261 milliards de dinars. Le P-DG du nouvel office national inter-professionnel du lait (ONIL) a estimé, pour sa part, que la subvention de l'Etat doit être revue à la hausse pour atteindre, au minimum, 20 DA le litre. A ce propos, Mohamed Alloui, SG de l'Union nationale des agriculteurs algériens, a annoncé qu'une étude pour la revalorisation du soutien de l'Etat au litre de lait cru est en cours et devra être présentée incessamment devant l'APN. «La facture des importations de la poudre de lait est en hausse soutenue. Nous avons déboursé un milliard de dollars cette année pour les importations de la poudre de lait et des dérivés laitiers», regrette l'intervenant. Et d'enchaîner: «je suis pour le soutien du lait local, mais on doit, avant tout, assainir cette profession de certaines personnes qui ne vivent que des subventions de l'Etat». Le conférencier n'a pas manqué de fustiger certains «biznessman» du lait qui alimentent la spéculation autour du foncier agricole et des aliments de bétail. Sur ce dernier point, il a annoncé que l'Etat vient d'augmenter le soutien au quintal de blé pour lutter contre la spéculation du marché parallèle et permettre aux éleveurs de se procurer des aliments de bétail à des prix abordables. Le même responsable a tenu à rassurer les éleveurs sur la prise en charge de leurs préoccupations par les pouvoirs publics. «Une rencontre est programmée, dans les prochains jours, entre vos représentants et le chef du gouvernement pour résoudre les problèmes de cette profession», a lancé ce dernier. Apostrophé par des éleveurs sur le manque de terres agricoles destinées aux fourrages, il a déclaré que le problème du foncier agricole sera définitivement réglé dans les prochains mois après la promulgation de nouveaux textes législatifs, tout en assurant que le détournement du foncier agricole fait, désormais, partie du passé.
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