Alger - Revue de Presse

Les problèmes du bâtiment sur le tapis



Au cours d'une assemblée générale élective tenue jeudi dernier au centre culturel Rachid Ksentini de la cité Daksi, l'Union nationale des entrepreneurs du bâtiment (UNEB) a procédé au renouvellement du bureau de la wilaya de Constantine. Le scrutin qui s'est déroulé en présence du Président de l'union et des entrepreneurs membres de ce syndicat, a permis à M. Seddouk Smaine, nouveau président, de prendre la tête du nouveau bureau composé de 9 membres pour les cinq années à venir. Ces nouvelles élections interviennent dans des circonstances particulières du fait que les activités de l'ancien bureau de wilaya étaient gelées depuis trois années à la suite de recours introduits par les entreprises adhérentes qui reprochaient à l'ancienne équipe sa nonchalance et son manque d'efficacité face aux nombreuses difficultés que rencontraient les entreprises de la wilaya. Ce qui avait poussé ces dernières adhérentes à demander la fin de mission du bureau avant l'expiration de son mandat, «car il fallait des gens dynamiques pour faire bouger les choses», selon les déclarations d'un entrepreneur. Et puis, ajoute-t-il, les entrepreneurs souffraient de marginalisation et de non-assistance, surtout lors de la signature des contrats de marchés. « Notre syndicat, l'Uneb, peut intervenir pour leur fournir une assistance technique et des conseils», est-il encore indiqué. Ainsi, d'après lui, l'ignorance et le manque de métier des entrepreneurs dans ce domaine sont exploités par les maîtres d'oeuvres qui les amènent à signer des marchés à l'avantage de ces derniers. D'autre part et selon M. Sebbak, Président de l'Uneb,» les principaux problèmes que rencontrent les entrepreneurs de la wilaya de Constantine se résument à un déséquilibre financier provenant du dépôt de la caution de 5 % du montant du marché et de l'inflation des prix que connaît le marché des matériaux de construction. Ce sont là les principaux handicaps qui les empêchent souvent de poursuivre et terminer les chantiers qui leur sont confiés». Son collègue, M. Redouane, entrepreneur en bâtiment, ajoute, lui, d'autres facteurs inhérents au manque de formation et d'encadrement des petits entrepreneurs qui se lancent dans le métier avec très peu de connaissances et de bagages techniques. «La plupart d'entre eux, dit-il, ignorent les aléas du métier et manquent totalement d'expérience dans la conclusion des marchés publics. Ainsi, il arrive souvent qu'une fois le marché remporté, l'entrepreneur se trouve devant le problème du surdimensionnement du projet et finit par jeter l'éponge parce qu'il ne peut y faire face, à cause du déséquilibre financier que vient d'évoquer le président. Ajoutez à cela les prix exorbitants de certains matériaux de construction, comme le ciment blanc, par exemple, qui était passé récemment de 65O dinars à 25OO, et en plus il était introuvable !». Ainsi et selon nos interlocuteurs, les entreprises du secteur de la wilaya de Constantine n'arrivent pas à trouver leurs marques, principalement au niveau des chantiers publics dédiés à la réalisation du programme étatique de logements au niveau de certains sites, à la cité Massinissa du Khroub, par exemple, où pas moins de quatre chantiers sont à l'arrêt. Un autre sujet n'a pas manqué de provoquer les critiques acerbes des entrepreneurs locaux, il s'agit de la présence de certaines entreprises étrangères. Selon M. Redouane, «celles-ci ne sont pas tellement efficaces et nous en voulons pour preuve le contrat résilié dernièrement avec une entreprise turque. On affirme que les entreprises algériennes manquent d'envergure, de force de réalisation, de moyens, etc., mais ce n'est pas tout à fait vrai. Notre secteur n'exige pas une haute technicité, des hommes de génie. A mon avis, avec des ingénieurs locaux compétents, des architectes et les jeunes formés dans nos centres de formation, nos entreprises sont en mesure de prendre en charge tout programme. C'est simplement une question d'organisation. Nous avons, chez nous, des traditions dans le bâtiment et on voit bien que l'Algérien, quand il travaille ailleurs, il fait des miracles. Alors, pourquoi pas dans son propre pays ?»
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