
L'arrestation du jeune artiste de rue "Moh Vita Boy" par la police, jeudi 14 janvier 2016, a fini par révolter les esprits pour ensuite les libérer. Au lendemain de cette fâcheuse histoire qui a fait sensation sur les réseaux sociaux, en Algérie et à l'étranger, des citoyens ont décidé de sortir crier leur ras-le-bol de toute forme de répression de l'expression publique.Pris de court par cette foule nombreuse, sortie dans la rue crier haut et fort son indignation par la chanson, les pouvoirs publics ont paniqué. Libre cours a été laissé à l'engagement d'une jeunesse qui, visiblement, entreprend de se réapproprier l'espace public. Car, comment continuer à disserter sur l'"Etat civil", tout en multipliant les arrestations de citoyens dans la rue, et au nom... ' Munis de leurs guitares, de jeunes amateurs font depuis leur pèlerinage à la place Audin.Des actions individuelles mais hautement symboliques qui ont fini par rassembler et mobiliser pour une cause et autour d'actions communes. Et c'est ainsi qu'un autre rendez-vous a été donné pour hier, samedi, afin de se produire dans la rue. L'initiative lancée par des jeunes internautes a fait le tour du pays. Et des citoyens de différentes régions d'Algérie ont promis de venir à Alger porter l'espoir d'une société émancipée. Et puisque le pouvoir garde toujours ce réflexe frileux et pratiquement allergique à tout mouvement de rue, les autorités ont pris sur elles le devoir d'organiser le spectacle et de canaliser ainsi la foule. Et tous les moyens ont été mis à contribution, puisque l'événement a été finalement placé sous l'égide de la wilaya d'Alger, en collaboration avec la direction de la jeunesse et des loisirs et l'association "Jeunes, talents et horizons".Une liste d'artistes inscrits au préalable a été minutieusement établie. Il fallait ainsi éviter tous ces artistes dont les chansons versent dans la politique. C'est ainsi qu'il y a eu des chansons sur Ghaza et la cause palestinienne mais pas sur l'état précaire de la vie en Algérie. Les groupes de musique qui ont investi la rue au lendemain de l'arrestation de "Moh Vita Boy" n'étaient pas de la partie. Ceux qui se sont produits ont, pour la plupart, l'habitude de travailler avec les organismes étatiques. Mais c'est déjà un début pour drainer la foule et redonner vie et espoir à une capitale qui a besoin de couleurs et d'ambiance.Quelque chose se réveille, pousse et commence à grandir. Une chose est sûre : ne pouvant se risquer à réprimer, les pouvoirs publics se sont mis de la partie pour canaliser, voire récupérer le mouvement.M. Mehenni
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mehdi Mehenni
Source : www.liberte-algerie.com