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Les pièges qui guettent le journaliste



Les pièges qui guettent le journaliste
Tayeb Zitouni et Zitouni Tayeb, deux personnalités politiques bien distinctes. Pourtant, cela n'était pas évident avant la formation du nouveau gouvernement. Nous avons commis l'erreur et nous en avons tiré une leçon qui nous mène jusqu'à... la prochaine Constitution. Suivez-nous...Le cas est rarissime mais il nous donne une bonne leçon. Quel que soit son degré de vigilance, le journaliste n'est jamais à l'abri d'une erreur. Nous en avons commis une. Elle figure dans l'éditorial de mardi dernier. Plusieurs lecteurs, à qui elle n'a pas échappé, nous en ont fait la remarque. Nous avions confondu le nouveau ministre des Moudjahidine avec l'ancien maire d'Alger-Centre. Ils portent le même nom et le même prénom. Cela suffit-il comme justification' Non! Sauf que le temps était contre nous. Le communiqué officiel donnant la liste du nouveau gouvernement est «tombé» dans les rédactions en fin d'après-midi. Une liste de noms et prénoms des membres du nouveau gouvernement suivis du département ministériel qui leur était confié. Parmi les nouveaux minis-tres, bon nombre faisaient leur première apparition sur la scène politique à l'échelle nationale. En moins de deux heures (bouclage oblige), il fallait «disséquer» cette liste. Recouper, compter, collationner, comparer avant de commencer le «décryptage des messages» (au pluriel) contenus dans cette reconfiguration de l'Exécutif. On vous laisse imaginer la pression. Qui aurait pu penser dans le «feu de l'action» à une quelconque homonymie' Surtout que le cas est extrêmement rare, pour ne pas dire unique dans les annales. Même nom, même prénom. Les deux personnalités s'appellent Tayeb Zitouni. L'un des deux fut maire de la capitale et très actif dans le mouvement associatif, notamment dans des actions de solidarité avec le peuple sahraoui. De ce fait, il était plus médiatisé que Tayeb Zitouni qui avait occupé le poste de directeur des moudjahidine dans plusieurs wilayas du pays. De plus, le poste confié à un jeune avait de quoi surprendre. C'est pourquoi nous nous sommes appesantis sur le cas. Lorsque nous avons appris qu'il ne s'agissait pas de la même personne, les rotatives avaient tourné. Aucune «marche arrière» n'était possible. L'erreur était commise. Elle était affichée le lendemain dans tous les kiosques. Il ne nous restait plus qu'à l'assumer. A présenter nos excuses aux deux Tayeb Zitouni et à nos lecteurs. Tout en maintenant le fond de notre observation concernant la jeunesse du ministre des Moudjahidine. Ils sont jeunes tous les deux. Pour l'anecdote, une telle homonymie pourrait produire des situations inédites. Imaginons ces deux personnalités politiques participant à une même réunion. Ce qui est de l'ordre du possible. Comment faire pour s'adresser à l'un d'eux sans que les deux ne se «retournent»' D'autre part, on comprend mieux l'exigence de la date et du lieu de naissance ainsi que la filiation dans les procédures administratives. Ceci dit, ce cas illustre on ne peut mieux, les «pièges» que doit éviter le journaliste pour livrer une information juste, vraie, crédible et de qualité. Au quotidien. Un rythme qui complique toutes ces exigences. Un rythme éprouvant que seul l'amour de ce métier aide à rendre soutenable. Nous avons commis cette erreur alors que, toute fausse modestie écartée, nous avons toujours été très rigoureux dans notre mission d'informer. Nous en profitons pour dire que nous nous sommes refusés, par exemple, de relayer les graves accusations portées récemment contre Amar Saâdani, le secrétaire général du FLN. Pourquoi' Par leur douteuse provenance d'un site électronique étranger qui se base sur de simples «témoignages» là où des preuves formelles sont exigées. Notre devoir de journaliste algérien n'est pas à vendre. Notre dignité n'est pas négociable. Aucune officine étrangère ne pourra nous manipuler et nous entraîner à porter atteinte à l'une de nos personnalités. C'est le cas le plus récent mais il y en a eu d'autres avant. Nous exerçons un dur métier souvent ingrat mais nous ne perdons jamais de vue le poids des responsabilités qui en découlent et qui sont les nôtres. Nous en profitons également pour suggérer un point important qui, à notre sens, devrait figurer dans la prochaine Constitution. De considérer une diffamation non pas seulement contre le premier média qui en est responsable mais de toutes les «reprises» qui s'y «adossent». De déclarer irrecevable l'argument de l'absence de «mise au point» du diffamé surtout lorsque la source provient de l'étranger. Il faut prémunir notre pays de tous les réseaux «mondialisés». Cela n'enlèvera rien des droits du journaliste algérien qui reste libre de diffuser toutes les informations vérifiées, recoupées et authentiques. Le but est de confiner la désinformation aux seuls «réseaux sociaux» de la Toile. Ces réseaux auront ainsi le monopole du «label» du mensonge, de la rumeur et de la déstabilisation. Ce qui permettra de créer le réflexe chez nos citoyens pour se faire rapidement une idée de qui veut leur faire «consommer» quoi. Entre l'authentique information et la contrefaçon. Si nos frères tunisiens avaient eu ce genre de «digue» ils auraient pu s'épargner les souffrances qu'ils endurent. Il y a quelques jours seulement c'était la Journée internationale de la liberté de la presse. Le tout est de savoir ce que l'on met dans cette «liberté de la presse». Surtout pas la liberté de jouer à la «roulette russe» avec l'avenir du pays!zoume6@hotmail.com


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