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Les partis politiques et la réunion de l'OPEP



Les partis politiques et la réunion de l'OPEP
Alger était fixée hier sur la réunion de Vienne où les participants devaient trancher une proposition algérienne devant induire la chute du pétrole qui a en partie influé sur la crise économique qui frappe le pays. Présentée comme un évènement crucial, l'évolution de cette rencontre est pourtant perçue différemment par de nombreux acteurs de la vie politique qui considèrent que cet évènement est un «faux débat», «une diversion» qui ne changera pas grand-chose aux heures difficiles qui attendent les Algériens.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Il est 11h, heure locale, lorsque les agences de presse annoncent une remontée du pétrole jusqu'à 50 dollars. Il y a de l'optimisme dans l'air. Des pays producteurs influents, parmi les 14 membres de l'Opep, ont fait des déclarations qui ont influé positivement sur les bourses mondiales à l'affût du moindre petit indice. Alger est sur le qui-vive. Sa proposition faite il y a deux mois en faveur d'une réduction de la production pour stopper le prix du pétrole était donc en débat hier matin dans la capitale autrichienne. La limitation de la production constitue également le vœu ardent des pays (membres de l'Opep) frappés de plein fouet par la crise pétrolière mondiale. Jusqu'à l'heure, tout est mis en place pour la concrétisation de l'accord.A Alger, les experts rappellent que le budget pour les trois années à venir a été calculé sur la base d'un baril à plus de 50 dollars. Ils n'osent pas anticiper sur les conséquences que pourrait induire un échec de la réunion de Vienne en vue de laquelle d'intenses efforts diplomatiques ont été consacrés par les ministres concernés. L'évènement fait la Une.Intimement lié à la crise et aux menaces d'austérité qui se profilent pour les Algériens, les faits qui se déroulent dans la capitale autrichienne sont déchiffrés autrement par les partis politiques algériens, inquiets de l'évolution de cette crise dans le pays. Trois partis, qui ont accepté de s'exprimer hier sur cette question, ont des avis qui se rejoignent très souvent. Le RCD n'est pas seulement sceptique, il désigne carrément l'image que l'on donne de cet évènement et les lectures officielles qui en sont faites comme étant une «supercherie», même pas «un débat que les Algériens feraient mieux de dépasser rapidement pour s'orienter vers la réalité».«L'opinion a été abusée, estime ainsi Ouamar Saoudi, secrétaire national chargé des questions économiques au Rassemblement pour la culture et la démocratie. «Il faut d'abord que les citoyens comprennent que cette réunion est celle de l'Opep qui ne représente que 30% de la production mondiale. Ce marché est inondé par d'autres puissances pétrolières.L'accord en débat à Vienne est un accord politique qui n'aura pas beaucoup d'influence sur la situation économique dans laquelle se débat l'Algérie. Il nous faut en réalité un baril à plus de 100 dollars pour pouvoir remonter la pente. Or, nous sommes très loin de cette situation. Non seulement un baril à 50 ou même 60 dollars ne changera pas grand-chose, cela ne constitue pas un signal fort envers les marchés. Il faut ensuite comprendre que l'accord est d'une extrême fragilité car l'Arabie Saoudite n'en veut pas en réalité. Il en est de même pour l'Irak et l'Iran. Chez nous, toutes cette situation détourne l'attention.»L'approche de Soufiane Djillali, leader de Jil Jadid, diffère peu de cette analyse. «Un tel accord va bien sûr booster le prix du baril de pétrole vers la hausse, mais il ne faut pas en créer des illusions. Même avec 50 ou 60 dollars le budget algérien est déficitaire. Les calculs du premier trimestre se sont basés sur un prix de 50 dollars, le déficit est déjà là . Une remontée de 5 à 6 dollars n'est pas suffisante pour équilibrer une situation économique très difficile.Elle n'est pas significative d'une évolution notable». Il poursuit : «Une entente des membres de l'Opep et hors Opep stabilisera les prix pour les prochains mois, mais cela n'induira pas un grand changement chez nous. Même un baril à 80 dollars ne pourra pas rétablir cet équilibre. Dans le pays, c'est le citoyen qui paye, c'est lui qui fait les frais de cette crise. Vous savez, il y avait un contrat implicite entre le pouvoir et le citoyen chez nous. L'Algérien s'était cantonné dans une position dans laquelle il disait implicitement au pouvoir «faites ce que vous voulez, prenez les postes que vous désirez, trichez dans les urnes pourvu que vous continuiez à soutenir les prix et les subventions des produits de première nécessité. Mais aujourd'hui, les gouvernants ne peuvent plus répondre à ces besoins, le contrat implicite est brisé mais la population ne l'entend pas de cette oreille, elle cherche à comprendre pourquoi on puise dans ses poches. C'est là que le bras de fer commence.»Au Parti des travailleurs, l'analyse est très stricte. Le PT, qui a animé de très nombreuses conférences de presse tout au long des semaines passées pour alerter sur les dangers découlant de la loi de finances 2017, estime lui aussi qu'un accord à la réunion de Vienne ne pourra pas donner lieu à une évolution positive dans le pays. «Les orientations sont figées, mais tout le monde est en réalité devant le fait accompli.On suit l'évolution du cours du prix du baril car elle est en relation avec la crise, mais les solutions sont ailleurs. Mais comment une remontée sensible peut-elle influer, toutes les orientations sont désertificatives. Cette crise a mis à nu la nature du régime organisé autour du pillage et du siphonnage. L'accord de Vienne, et après '»
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