Alger - A la une

Les partenaires sociaux scandalisés



Les erreurs qui se sont glissées dans le sujet de français proposé aux candidats à l'épreuve de cinquième année primaire continuent de scandaliser l'opinion publique et les partenaires sociaux qui jugent que ce «couac» ne doit pas être considéré comme un simple détail. D'aucuns estiment qu'en sus d'avoir déstabilisé les élèves, cet incident a sérieusement porté atteinte à la crédibilité de l'école algérienne.Massiva Zehraoui - Alger (Le Soir) - L'énoncé de l'épreuve de français liée à l'examen de passage en 1re année moyenne a déclenché une avalanche de critiques de toutes parts. Les concepteurs du sujet en question ont effectivement commis des erreurs et pas des moindres, puisque des noms comme niche, cabane, forêt, jardin et maison ont été classés dans la catégorie grammaticale des adjectifs. Aussitôt ces fautes pour le moins graves débusquées, le sujet a fait le tour des réseaux sociaux.
Les parents d'élèves ainsi que les partenaires sociaux ont été par la suite nombreux à attirer l'attention sur le niveau de plus en plus «décadent» de l'école algérienne. «Des erreurs de cet acabit mettent à nu les lacunes qui marquent ce secteur», a estimé Maroua Mezouar, enseignante et membre du conseil des lycées d'Algérie (CLA). Celle-ci avouera ne pas comprendre comment de telles «maladresses» ont pu atterrir dans un sujet d'examen national.
Il faut savoir, précise-t-elle, qu'un sujet de cette importance doit passer par une poignée de spécialistes qui composent la commission dont le rôle principal est de voir et revoir les sujets d'examens, avant de les valider définitivement. Par conséquent, les inspecteurs et les enseignants supposés apporter les derniers correctifs n'ont soit «pas fait leur travail avec l'assiduité et la concentration voulues, soit ces erreurs qui sautent aux yeux n'ont pas été décelées», a-t-elle fait remarquer, en ajoutant que dans les deux cas de figure, «cela reste grave».
Un autre syndicaliste de l'éducation a considéré que ce genre d'erreurs est très courant dans les sujets des compositions et des devoirs. «Bien que la tutelle en soit consciente, aucune action n'a été initiée pour y remédier», a-t-il déploré. D'après lui, il ne s'agit pas que d'une simple maladresse, même si pour certains, ça a l'air «anodin».
Outre les préjudices que cela peut engendrer sur le niveau des élèves sur le long terme, «des erreurs aussi flagrantes renvoient à la ruine de notre système éducatif», prévient-il. Ce dernier, reproche attitude «démissionnaire» aux autorités qui n'ont même pas «jugé important de réagir à cet incident». Il pointe aussi du doigt le «manque de rigueur» de certains inspecteurs, qui ne supervisent pas le personnel enseignant entre autres, de façon stricte et régulière. Il va même jusqu'à insinuer que ce laisser-aller est voulu, dans le sens où «dans ce secteur, chacun est livré à lui-même et personne n'a de comptes à rendre».
Les parents d'élèves ne sont pas en reste, et sont eux aussi montés au créneau pour dénoncer les erreurs contenues dans le sujet de français. Pour donner une idée sur la gravité de ce «dérapage», d'aucuns ont indiqué que leurs enfants ont eux-mêmes débusqué ces fautes. Ils s'étonnent d'ailleurs du fait que celles-ci soient passées inaperçues pour toute une commission d'experts !
Il faut savoir que les noms qui ont été présentés comme des adjectifs ne sont pas les seules erreurs constatées sur le sujet. Cela n'a pas manqué de faire l'objet d'un débat autour de la crédibilité de l'école algérienne.
M. Z.
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