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Les parents redoutent une nouvelle saignée



La bourse des parents sera, encore une fois, soumise à rude épreuve avec l'approche de la rentrée scolaire. Après les effets vestimentaires de l'Aïd el-Fitr, le mouton de l'Aïd el-Adha, c'est au tour des fournitures scolaires. En cette conjoncture, pour beaucoup de pères de famille, les vacances d'été ont été sacrifiées car ils se disent ne plus supporter la charge des dépenses de plus en plus élevées, d'année en année.Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - Ce qui témoigne de cette saignée de la bourse des pères de famille et du fardeau des préparatifs de la rentrée scolaire, particulièrement cette année, c'est l'absence de l'animation et de l'engouement observés les années précédentes, bien avant la reprise.
En effet, mis à part quelques rôdeurs autour des rayons des fournitures scolaires dans les grandes surfaces, à l'image de Bab-Ezzouar, ou des chaînes spécialisées dans les articles scolaires à Alger, dans les librairies de la capitale c'est le calme plat.
« Nous n'avons pas encore accueilli les grands rushs de la rentrée », nous indique un libraire dans un quartier populaire de Belouizdad. Autant dire que les magasins d'articles scolaires ne sont pas encore visités. « Nous nous attendons à ce que la semaine prochaine soit plus animée à l'approche du 4 septembre, date officielle de la rentrée scolaire », nous confie-t-il.
Et ce qui mérite aussi d'être signalé, cette année, c'est l'absence des tables improvisées qui proposent des articles scolaires à des prix plus ou moins accessibles. Une ménagère rencontrée au niveau de la rue commerçante de Hassiba, Alger-Centre, nous déclare que les parents ne se précipitent pas encore pour faire les emplettes de fournitures scolaires car préoccupés par l'habillement, pour bon nombre d'entre eux. Là, les tabliers sont proposés à 1 400 DA et les sacs à dos à 1 300 DA et bien plus.'ce sont des prix jugés exagérés par notre interlocutrice.
La majorité des citoyens rencontrés s'accordent à dire qu'à une semaine de la rentrée scolaire, « les prix des fournitures scolaires et quelques habits sont excessivement chers ». Une mère de famille affirme que la rentrée coûte une fortune arguant qu'« une fois le cartable acheté, il faut le remplir.
Une trousse à stylos est vendue entre 150 et 700 DA, l'ardoise à 550 DA, une règle simple de 60 à 150 DA pour les modèles les plus élaborés. Le cahier de 32 pages se vend jusqu'à 45 Da alors qu'il valait 15 DA il y a quelques années.
Le cahier de 228 pages vous en coûtera 120 DA ». Cette même mère de famille évalue le coût global de la rentrée pour un seul enfant à près de 10 000 DA. Un père, dont le salaire avoisine les quelque 45 000 DA, nous déclare que pour ses deux enfants scolarisés au primaire, il avait déboursé l'année dernière plus de 9 000 DA pour quelques cahiers, stylos, crayons de couleur et autres petits accessoires.
Il assure : « Cette année, je dois me passer des achats des sacs à dos, des tabliers et des trousses », ses enfants devront se contenter de ceux de l'année écoulée. Il affirme aussi qu'il s'attend à des fournitures scolaires de plus en plus inaccessibles cette année.
Du reste, l'ambiance qui prévaut à quelques jours de la rentrée fait apparaître un climat qui s'apparente à une accalmie avant les grands rushs sur les magasins d'articles scolaires.
Un père de 4 enfants nous dira à ce sujet qu'il attendra le jour de la rentrée pour décider d'équiper ses enfants en fournitures scolaires tout en évitant les articles de marque.
« Je me suis habitué à cette saignée qui coïncide avec la période estivale et qui, aussi, intervient au lendemain de l'Aïd », lâche-t-il, avant d'enchaîner qu'il doit faire avec et qu'il ne peut se passer du mouton de l'Aïd malgré sa situation financière, car, dit-il, « je réponds aux exigences des enfants pour qui le mouton est sacré», mais tout en avouant, à l'occasion, que, pour cette année, il a dû se passer des vacances d'été.
A. B.
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